La Province du Nord-Kivu, où règne actuellement le régime de gestion militaire depuis mai 2021, commence à révéler des choses qui interpellent les consciences, aussi bien massives qu’individuelles.
C’est en fait, comme si l’état de siège commence alors à montrer le sens de son institution à l’Est de la République Démocratique du Congo, plus particulièrement au Nord-Kivu.
C’est au vu et au su de tout le monde que des arrestations sont en train de se proliférer dans le camp des civils, particulièrement des personnes estimées influentes. Le cas de l’arrestation, le dimanche 06 février 2022, par le service de renseignements, du député provincial Jean Paul Ngahangondi, à présent transféré à la prison centrale de Goma/Munzenze, pour une infraction non encore éclairée. Ainsi que de celle du député national Josué Mufula, mardi 08 février 2022, dont le procès en flagrance a débuté le même jour à l’auditorat militaire du Nord-Kivu, accusé de » provocation et incitation à des manquements, et outrage à l’armée », avant d’être libéré le jour suivant.
Comme les herbivores craignent les lions et les loups dans la jungle, ce jour, les citoyens actifs dans la défense des droits de leurs concitoyens commencent à craindre la rigueur de l’état de siège au Nord-Kivu, surtout, sur le plan judiciaire. D’ailleurs, nous apprenons qu’un activiste de la société civile, branche Jeunesse, est aussi appelé à coopérer avec la justice (militaire). Les infractions sont souvent liées, selon les constats et suspicions des premiers invités de la justice, à des propos ou messages critiques à l’ endroit du régime exceptionnel d’état de siège. Et pourquoi pas certains professionnels de médias (journalistes) ?
De toutes les façons, il n’y a aucune raison de se plaindre de cette situation, vu que nul n’ignore que la gestion actuelle de la province est répressive, et c’est quelque part conforme à la loi du pays. De quoi se dire » qu’il vaut mieux se remettre en ordre », car la traque s’annonce acharnée contre tout celui qui se montrera » détracteur de l’état de siège ».
Par la situation en cours en province du Nord-Kivu, pourrait-on déduire que c’est une étape, pour les animateurs de l’état de siège, de sortir les parlementaires de » leurs carapaces ».
En dépit de tout, il ne faudrait pas être aussi radical dans la répression qu’aucune bouche ne peut s’ouvrir et se refermer librement. Au vingt-et-unième siècle, le peuple se veut libre et tranquille. L’état de siège, décrété en provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri par le président de la République, Félix Tshisekedi, a pour objectif de mettre fin à la guerre et l’inquiétude qui règnent à l’Est de la RDC.
Félix LUBIRI