La bande de Gaza est confrontée jeudi 28 août 2025, à une crise humanitaire sans précédent. La semaine dernière, l’ONU a officiellement déclaré l’état de famine dans l’enclave palestinienne, qui touche déjà près de 514.000 personnes, soit un Gazaoui sur quatre.
Le nord de Gaza est particulièrement touché, mais la pénurie alimentaire s’étend à toute la région.
Alors qu’Israël restreint l’accès des journalistes internationaux, des équipes des médias publics membres de l’Union Européenne de Radio-Télévision (UER) – dont la RTBF – sont restées sur place pour documenter la situation.
Plus d’une heure de rushs et huit reportages ont été compilés pour témoigner de l’ampleur de la famine.
À Deir al-Balah, Khamis Al-Helou, ancien enseignant, raconte : « Il n’y a ni nourriture, ni eau, rien. On se réveille fatigué et on se couche tout aussi fatigué. J’ai du mal à vous parler parce que je meurs de faim. » Sa famille, comme près de 90% des habitants, dépend uniquement de l’aide humanitaire insuffisante.
Sa femme, enceinte, explique qu’ils prennent parfois « un peu de sel pour tenir plus longtemps » face à la pénurie de nourriture.
À Gaza-ville, l’hôpital al-Rantisi accueille des enfants gravement malnutris. Maryam, 9 ans, raconte : « Je me sens fatiguée et j’ai faim. Je veux aller mieux, je veux redevenir comme avant. »
Une semaine après le tournage du reportage, un autre adolescent, Ahmed, 17 ans, est décédé des suites de la malnutrition sévère.
Sandra Rasheed, responsable de l’ONG ANERA pour la Palestine, confirme l’urgence : « Nous voyons des enfants dont les os ressortent, des ventres gonflés et une augmentation de 40% des cétones dans l’urine, signe que le corps puise dans ses réserves de graisse. »
Selon elle, plus de 7 millions de dollars d’aide, dont 744 tonnes de riz, attendent à la frontière depuis quatre mois, sans pouvoir être distribués.
À Khan Younès, le médecin Souleiman Iyad Al-Derbi décrit les effets de la famine sur la population et le personnel médical : « La faim récurrente nous affecte tous, patients et soignants. Nous sommes épuisés et affaiblis, et pourtant, la demande ne cesse de croître. »
Sans intervention humanitaire massive et immédiate, l’ONU prévient que le nombre de personnes touchées par la famine pourrait exploser dans les mois à venir.
La population gazaouie, déjà traumatisée par les conflits et les déplacements forcés, est aujourd’hui confrontée à une lutte quotidienne pour survivre.
