La situation sécuritaire se dégrade davantage dans l’est de la République démocratique du Congo. Selon des sources locales concordantes, corroborées par plusieurs rapports onusiens, la localité stratégique de Luvungi, dans la plaine de la Ruzizi (Sud-Kivu), est passée ce week-end sous le contrôle des rebelles du M23, appuyés par des unités de l’armée rwandaise.
Des villages environnants seraient également tombés après de violents affrontements. Les Forces armées de la RDC (FARDC) évoquent pour leur part un « repli tactique », affirmant avoir choisi de se retirer afin de protéger les populations civiles et d’éviter des pertes massives.
Cependant, des sources indépendantes indiquent que les combats se sont rapprochés de zones frontalières sensibles, notamment en direction de la Tanzanie et du Burundi, suscitant une forte préoccupation régionale.
Cette nouvelle poussée du M23 pourrait profondément modifier les dynamiques militaires dans l’est du pays. Déjà bien implanté dans une large partie du Nord-Kivu, le mouvement rebelle étend désormais son influence au Sud-Kivu, contrôlant progressivement des positions stratégiques dans la plaine de la Ruzizi.
Le M23 affirme défendre les intérêts des Tutsis congolais, une justification régulièrement contestée par Kinshasa et par plusieurs organisations internationales, qui dénoncent l’implication directe du Rwanda dans les opérations du groupe.
Selon plusieurs observateurs, l’avancée actuelle pourrait ouvrir la voie à des pressions accrues sur des centres urbains clés, faisant planer une menace supplémentaire sur la stabilité de la région.
L’ONU, de son côté, alerte depuis plusieurs mois sur un risque d’escalade généralisée si les belligérants poursuivent leurs offensives.
GB
