À Davos, le message ukrainien a résonné comme un électrochoc. Dans un discours dense, direct et sans concessions, le président ukrainien a dressé jeudi 22 janvier 2026 un constat sévère : l’Europe parle beaucoup, mais agit trop peu. Un an après avoir déjà alerté sur la nécessité pour l’Europe de savoir se défendre, rien n’a fondamentalement changé.
Le monde évolue rapidement, les crises se multiplient, mais l’Europe semble figée dans l’attentisme. Qu’il s’agisse des tensions autour du Groenland, de la répression sanglante en Iran, de la guerre en Ukraine ou de la militarisation croissante du Bélarus, le même schéma se répète : hésitation, lenteur, absence de réponse collective forte.
Pendant que l’Europe tergiverse, d’autres agissent. Les États-Unis ont intercepté des pétroliers de la flotte clandestine russe. En revanche, le pétrole russe continue de transiter le long des côtes européennes, finançant directement la guerre menée contre l’Ukraine. Les avoirs russes sont gelés, mais leur utilisation pour soutenir la défense européenne reste bloquée. Résultat : Moscou conserve une marge de manœuvre financière, tandis que l’Europe se retrouve paralysée par ses propres divisions.
Le discours pointe également l’échec à instaurer un véritable mécanisme de justice internationale. Malgré les annonces, aucun Tribunal spécial opérationnel n’a encore vu le jour pour juger l’agression russe. Pire encore, les contournements des sanctions persistent, permettant à la Russie de produire missiles et armements grâce à des composants provenant, parfois, de pays occidentaux ou alliés.
Au cœur de l’intervention, une idée centrale : l’Europe doit devenir une puissance politique et militaire réelle, capable d’agir sans attendre systématiquement l’aval ou l’initiative américaine. L’OTAN repose sur la confiance, mais que se passera-t-il si cette confiance vacille ? L’Europe ne peut plus fonder sa sécurité uniquement sur l’espoir.
L’Ukraine, elle, se dit prête à contribuer activement à la sécurité du continent. Forte de son expérience militaire, elle propose d’être un pilier d’une Europe plus forte, plus unie et plus crédible sur la scène internationale. Mais cela suppose du courage politique, des décisions rapides et une rupture avec la culture du compromis mou et des calculs électoraux.
En conclusion, l’appel est clair : le nouvel ordre mondial ne se construira pas avec des discours, mais avec des actes. Sans action immédiate, il n’y aura pas de lendemain sécurisé pour l’Europe. Mettre fin au cycle de l’inaction est encore possible, mais le temps presse.
Agir maintenant, ou subir demain.
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