Réunis à Davos, en Suisse, en marge du Forum économique mondial, le président américain Donald Trump et son administration ont officiellement lancé, jeudi 22 janvier 2026, l’initiative du « Conseil de la paix pour Gaza ».
Présentée comme un cadre inédit de stabilisation et de reconstruction de l’enclave palestinienne, cette initiative a rassemblé les dirigeants de plus de vingt pays. Toutefois, les principaux alliés européens des États-Unis au sein de l’Union européenne ont brillé par leur absence, illustrant un net malaise diplomatique.
Selon la liste communiquée par la Maison Blanche, plusieurs États ont accepté de rejoindre le conseil, parmi lesquels figurent l’Argentine, le Bélarus, le Maroc, le Vietnam, le Pakistan, le Kazakhstan, l’Ouzbékistan, le Kosovo, la Hongrie, l’Égypte, la Turquie, le Qatar, la Jordanie, l’Indonésie et l’Arabie saoudite. En revanche, aucune grande puissance de l’Union européenne ne s’y est officiellement associée.
La Belgique, initialement mentionnée parmi les signataires, a rapidement démenti.
« La Belgique n’a PAS signé la Charte du Conseil de la paix. Cette annonce est erronée », a déclaré le vice-Premier ministre belge Maxime Prévot sur le réseau social X. Il a souligné la volonté de Bruxelles de privilégier une réponse européenne commune et coordonnée, tout en reconnaissant l’existence de réserves partagées par plusieurs capitales européennes.
Même prudence du côté d’Helsinki. Le président finlandais Alexander Stubb a expliqué, dans une interview accordée à CBS News, que la Finlande, comme d’autres pays européens, ne pouvait pas adhérer immédiatement à une telle structure sans l’aval préalable de son Parlement.
« Nous sommes des démocraties libérales. Nous ne pouvons pas simplement arriver et dire : “Voilà le statut” », a-t-il insisté, rappelant que toute organisation internationale engageant l’État doit respecter les procédures constitutionnelles.
Au-delà des considérations juridiques, plusieurs dirigeants européens expriment leur attachement au rôle central des Nations Unies. Alexander Stubb a ainsi plaidé pour que toute initiative de paix à Gaza soit placée sous mandat onusien, afin d’éviter toute concurrence ou affaiblissement du Conseil de sécurité de l’ONU.
Cette réticence européenne intervient dans un contexte de tensions accrues entre Washington et plusieurs capitales du Vieux Continent, notamment après les déclarations virulentes de Donald Trump à l’encontre de certains alliés, liées à sa campagne controversée en faveur de l’acquisition du Groenland par les États-Unis. Des frictions ont notamment été rapportées avec le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer.
À Davos, l’administration Trump, en présence notamment de Jared Kushner, a détaillé sa vision de l’avenir de Gaza, évoquant des projets d’infrastructures majeurs : aéroport, centres de données, logements pour travailleurs et développement touristique sur la côte méditerranéenne. Par ailleurs, un responsable palestinien nouvellement nommé, le Dr Ali Sha’ath, a annoncé la réouverture du point de passage de Rafah, principal accès entre Gaza et l’Égypte.
Malgré les critiques, le secrétaire d’État américain Marco Rubio s’est montré confiant, affirmant que d’autres pays rejoindraient le Conseil de la paix dans les mois à venir, une fois leurs procédures internes achevées.
Si l’initiative américaine se veut ambitieuse, le boycott de facto des principaux alliés européens souligne les divisions persistantes sur la gouvernance internationale du dossier palestinien, et relance le débat sur la légitimité des cadres alternatifs à l’ONU pour la gestion des crises internationales.
Le Hautpanel
