La capitale éthiopienne, Addis-Abeba, a accueilli dans la nuit du vendredi 13 février 2026, la deuxième édition du Sommet Italie–Afrique, une initiative diplomatique majeure visant à redéfinir les bases de la coopération entre Italie et les nations africaines.
Au cœur des échanges figuraient la présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, et le président de la République d’Angola et président en exercice de l’Union africaine, João Lourenço. Les travaux se sont tenus en prélude à l’Assemblée des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.
Un changement de paradigme dans les relations Afrique–Europe
Dans son discours, João Lourenço a plaidé pour une transformation profonde des relations entre l’Afrique et l’Europe. Il a insisté sur la nécessité d’abandonner un modèle fondé essentiellement sur l’exportation de matières premières vers l’Europe, pour évoluer vers un partenariat axé sur la création de valeur, l’innovation et l’industrialisation du continent.
« L’Afrique ne se limitera plus au rôle de simple fournisseur de matières premières », a-t-il affirmé, soulignant la volonté du continent d’assumer un rôle actif dans les chaînes de valeur mondiales.
Dans un contexte mondial marqué par des transitions politiques et économiques et par un réalignement des chaînes d’approvisionnement, l’Afrique se trouve, selon le président angolais, face à une opportunité historique. Le continent dispose de ressources stratégiques essentielles à la transition énergétique mondiale et attire un intérêt croissant des investisseurs internationaux.
João Lourenço a rappelé que l’Afrique peut contribuer de manière décisive à la résolution des crises alimentaire et énergétique mondiales, à condition de bénéficier de capitaux, de technologies et de transferts de compétences.
Le Plan Mattei au centre des discussions
Le sommet a également mis en avant le « Plan Mattei », stratégie italienne visant à renforcer la coopération économique et stratégique avec l’Afrique. Ce plan comprend des projets d’infrastructures logistiques, d’interconnexion énergétique et numérique, ainsi que des initiatives de formation et de transfert de savoir-faire.
Parmi les exemples concrets cités figure le projet angolais PRODECAFÉ, destiné à développer et étendre la chaîne de valeur du café en Angola. Ce projet, fruit d’un partenariat entre le Fonds international de développement agricole (FIDA), la Cassa Depositi e Prestiti et le secteur privé, vise à diversifier l’économie angolaise et à accroître les revenus des petits producteurs.
Le corridor de Lobito ainsi que le câble optique Blue-Raman ont également été évoqués comme symboles d’un engagement structurant en matière d’infrastructures régionales.
Cette deuxième édition du Sommet Italie–Afrique illustre une convergence d’intérêts entre Rome et les capitales africaines. Au-delà des investissements matériels, les discussions ont mis l’accent sur la formation, l’éducation, la mobilité, la santé et l’accès durable à l’eau, en cohérence avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
En conclusion, ce sommet marque une étape importante vers un partenariat renouvelé, fondé sur le respect mutuel, la durabilité et la création de bénéfices partagés. L’Italie et l’Afrique semblent désormais déterminées à bâtir une coopération stratégique tournée vers l’avenir, capable de répondre aux défis globaux tout en favorisant le développement durable du continent africain.
Le Hautpanel
