Dans une cérémonie empreinte de solennité au siège de l’Union Africaine à Addis-Abeba, le Président burundais Évariste Ndayishimiye a officiellement pris la présidence tournante de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de l’Union Africaine pour une durée d’une année.
Devant ses pairs africains, les représentants des Nations Unies et des délégations internationales, le Président Ndayishimiye a exprimé sa gratitude pour la confiance placée en sa personne et au Burundi, affirmant sa détermination à servir le continent avec humilité et responsabilité. « C’est une responsabilité immense que vous venez de placer entre nos mains », a-t-il déclaré, soulignant que cette présidence est « un devoir historique pour renforcer la voix de l’Afrique sur la scène mondiale ».
Le Président burundais a fait de l’accès à l’eau potable et à des services d’assainissement sûrs le pilier central de sa présidence. Il a rappelé qu’aujourd’hui, plus de 400 millions d’Africains n’ont pas accès à une source d’eau potable sûre et près de 700 millions manquent de services d’assainissement adéquats, impactant particulièrement les enfants, les femmes et les populations rurales.
Dans ce cadre, le Burundi prévoit de s’inspirer de sa propre feuille de route nationale afin que chaque famille rurale ait un accès à l’eau potable à moins de 15 minutes de marche d’ici 2040. « L’absence d’eau potable et d’assainissement est à l’origine de maladies évitables, de pertes de productivité et de vulnérabilités accrues », a-t-il précisé, annonçant une mobilisation collective pour transformer cet accès en levier de santé, de paix et de prospérité.
Le deuxième axe de sa présidence concerne la paix et la sécurité, conditions indispensables au développement durable. Évariste Ndayishimiye a plaidé pour le renforcement des initiatives continentales de prévention des conflits, la médiation et la réconciliation, en insistant sur l’implication des jeunes et des femmes dans ces processus.
Il a également évoqué la situation sécuritaire dans certaines régions d’Afrique, notamment à l’Est de la RDC, au Sahel, en Somalie et en République centrafricaine, soulignant que les conflits freinent le développement et compromettent l’avenir de millions de jeunes.
Le troisième pilier de la présidence burundaise se concentre sur l’avenir à travers l’initiative A-RISE, qui vise à stimuler l’innovation, la science et le développement des compétences des jeunes et des femmes. Le Président a rappelé que l’Afrique comptera plus de 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, dont la majorité sera jeune, et qu’il est essentiel de transformer ce dividende démographique en moteur de croissance, de stabilité et de créativité.
Il a également souligné l’importance de l’autonomisation économique et sociale des femmes et de la promotion de l’entrepreneuriat, en particulier à travers la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine (ZLECAF), instrument clé pour l’industrialisation et le commerce intra-africain.
Enfin, Évariste Ndayishimiye a insisté sur la mise en œuvre cohérente de l’Agenda 2063 et des programmes phares de l’Union Africaine, notamment le développement des infrastructures transfrontalières, la sécurité alimentaire via le PDDAA, et la bonne gouvernance avec le Mécanisme Africain d’Évaluation par les Pairs.
Il a conclu en affirmant l’engagement du Burundi à soutenir les institutions africaines et à renforcer les partenariats stratégiques pour bâtir une Afrique unie, souveraine et maitresse de son destin.
Le Hautpanel
