Les gouvernements du Royaume-Uni, de la Suède, de la France, de l’Allemagne et des Pays-Bas ont publié une déclaration conjointe confirmant qu’Alexei Navalny, le célèbre opposant russe, a été empoisonné avec une toxine extrêmement dangereuse, l’épibatidine. Cette conclusion repose sur des analyses indépendantes de ses échantillons biologiques.
L’épibatidine, une substance que l’on retrouve naturellement chez les grenouilles venimeuses d’Amérique du Sud, n’existe pas en Russie. Les symptômes observés et la nature létale de cette toxine rendent très probable l’hypothèse d’un empoisonnement délibéré alors que Navalny était détenu en prison, situation dans laquelle la Russie disposait à la fois du mobile et des moyens.
La Russie avait affirmé que la mort de Navalny résultait de causes naturelles. Ces nouvelles preuves scientifiques viennent contredire ces déclarations et soulignent le mépris constant de Moscou pour le droit international, en particulier la Convention sur les armes chimiques.
Cette affaire rappelle les précédents empoisonnements attribués à la Russie, notamment l’attaque au novitchok contre Navalny en 2020 et celle de Salisbury en 2018, qui avait coûté la vie à Dawn Sturgess. Dans ces deux cas, seul l’État russe avait la combinaison nécessaire de moyens, de mobile et d’indifférence aux normes internationales pour commettre de tels actes.
Les gouvernements européens insistent sur la nécessité de tenir la Russie responsable de ses violations répétées, notamment de la Convention sur les armes chimiques et de la Convention sur les armes biologiques et à toxines. Les représentants permanents auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques ont officiellement alerté son Directeur général sur cette violation.
Les pays signataires prévoient d’utiliser tous les instruments diplomatiques et politiques à leur disposition pour que la Russie rende des comptes et pour s’assurer que ses stocks d’armes chimiques soient totalement détruits.
Alexei Navalny est mort le 16 février 2024 en Russie, où il purgeait une peine de 19 ans de prison pour extrémisme dans une prison dans l’Arctique. Il devient ainsi le symbole d’un défi majeur pour la communauté internationale : faire respecter le droit et la sécurité face aux États qui violent les conventions mondiales sur les armes toxiques.
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