Le président russe Vladimir Poutine a convoqué une réunion avec des responsables gouvernementaux et des dirigeants d’entreprises énergétiques, lundi 09 mars 2026 au Kremlin à Moscou, afin d’examiner l’évolution des marchés mondiaux de l’énergie, dans un contexte marqué par l’escalade des tensions au Moyen-Orient.
Lors de cette rencontre, le chef du Kremlin a affirmé que la Russie avait déjà averti que toute tentative de déstabilisation au Moyen-Orient pourrait perturber profondément le complexe énergétique mondial. Selon lui, ces tensions entraînent déjà une hausse importante des prix du pétrole et du gaz, tout en perturbant les chaînes d’approvisionnement et les plans d’investissement à long terme.
Vladimir Poutine a notamment évoqué les difficultés logistiques affectant les routes maritimes utilisées pour le transport des hydrocarbures. Il a rappelé qu’environ un tiers des exportations mondiales de pétrole transportées par voie maritime, soit près de 14 millions de barils par jour, transitent par le Détroit d’Ormuz, une route stratégique reliant le Moyen-Orient aux marchés internationaux. Or, selon lui, cette voie est aujourd’hui fortement perturbée.
Cette situation provoque une accumulation de pétrole dans certaines installations de stockage, faute de pouvoir être exporté facilement. Une réorientation complète des exportations du Moyen-Orient sans passer par ce détroit serait difficile à court terme et nécessiterait d’importants investissements dans les infrastructures logistiques.
Le président russe a également souligné que les prix du pétrole ont fortement fluctué ces derniers jours. Ils ont dépassé les 119 dollars le baril avant de redescendre autour de 103 dollars, tout en restant orientés à la hausse. Selon lui, la même tendance se dessine sur le marché mondial du gaz, où la baisse des exportations de gaz naturel liquéfié depuis le Moyen-Orient accentue la compétition entre les pays importateurs.
Dans ce contexte, Vladimir Poutine a réaffirmé que la Russie demeure un fournisseur énergétique fiable et continuera d’approvisionner les partenaires jugés « fiables ». Il a notamment évoqué les pays de la région Asie-Pacifique ainsi que certains États d’Europe centrale comme la Slovakia et la Hungary.
Le président russe a par ailleurs évoqué les nouvelles restrictions que l’European Union envisage d’imposer sur les hydrocarbures russes, notamment le gaz naturel liquéfié, avec un objectif d’interdiction totale d’ici 2027. Face à cette perspective, le gouvernement russe étudie la possibilité de réorienter plus rapidement les exportations énergétiques vers d’autres marchés jugés plus prometteurs.
Enfin, Vladimir Poutine a appelé les entreprises énergétiques russes à profiter de la hausse actuelle des prix pour renforcer leur stabilité financière, notamment en réduisant leur endettement auprès des banques nationales.
La réunion s’est poursuivie avec l’intervention du vice-premier ministre chargé de l’énergie, Alexander Novak, chargé de présenter une analyse détaillée de la situation et des perspectives du marché énergétique mondial.
Le Hautpanel
