La République démocratique du Congo est en deuil. Catherine Nzuzi wa Mbombo, première femme gouverneure du pays, s’est éteinte ce mercredi 18 mars 2026 à Kinshasa à l’âge de 82 ans.
Née le 19 décembre 1944 à Tshumbe-Sainte-Marie, dans la province du Sankuru, cette figure emblématique de la vie politique congolaise a marqué son époque par un parcours hors du commun. À seulement 28 ans, elle entre dans l’histoire en devenant gouverneure du Bas-Zaïre (actuel Kongo Central), un poste qu’elle occupera de 1972 à 1974 sous le régime de Mobutu Sese Seko.
Avant cela, elle s’était déjà illustrée comme bourgmestre de la commune de la Gombe à un âge remarquablement jeune. Elle poursuivra ensuite son ascension en occupant des fonctions stratégiques au sein du Mouvement Populaire de la Révolution (MPR), dont elle deviendra la 2ᵉ Vice-Présidente du Comité central, équivalent d’un poste de Vice-Présidente de la République à l’époque.
Fidèle au régime mobutiste jusqu’à sa chute en 1997, elle sera brièvement emprisonnée à l’arrivée de Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo. Loin de la scène politique, elle se reconvertira avec succès dans les affaires, notamment dans les secteurs des médias, de l’agroalimentaire et de l’immobilier.
Candidate à l’élection présidentielle de 2006, elle crée également le MPR-Fait Privé, témoignant de sa volonté constante de rester engagée dans la vie publique. Jusqu’à ses derniers jours, Catherine Nzuzi wa Mbombo n’a cessé de défendre la place de la femme dans les sphères de décision.
Honorée notamment lors du Parlement Rose 2023, elle incarnait plus de cinq décennies de leadership féminin en République démocratique du Congo. Son parcours reste celui d’une femme qui a su briser les barrières dans un environnement longtemps dominé par les hommes.
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