Lundi 6 avril 2026, l’Iran a refusé la dernière proposition de cessez-le-feu présentée par les États-Unis, compromettant ainsi les chances d’un accord avant l’échéance fixée par le président américain Donald Trump le 7 avril. La proposition, négociée avec l’aide du Pakistan, prévoyait un cessez-le-feu immédiat suivi de plusieurs semaines de négociations pour parvenir à un accord durable et rouvrir le détroit d’Hormuz. Washington a évoqué une trêve de 45 jours comme « une idée parmi d’autres ».
Téhéran, toutefois, réclame une fin permanente au conflit plutôt qu’un simple cessez-le-feu temporaire. Selon les médias d’État iraniens, la contre-proposition iranienne comprenait dix exigences, incluant un cessez-le-feu durable dans la région, l’instauration d’un « protocole de passage sûr » dans le détroit d’Hormuz, le soutien à la reconstruction du pays et la levée des sanctions.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a déclaré lundi lors d’une conférence de presse à Téhéran que toute pause dans les combats risquerait de permettre aux adversaires de l’Iran de se regrouper.
« Un délai ne doit pas nous faire hésiter, même un instant, à défendre notre pays », a-t-il affirmé.
« Un cessez-le-feu reviendrait à créer une brève pause permettant à l’autre camp de reconstituer ses forces et de commettre à nouveau des crimes. Aucune personne sensée n’accepterait une telle solution », a-t-il ajouté.
Le président Trump a qualifié cette contre-proposition de « insuffisante » et un responsable américain l’a décrite comme « maximaliste ». La demande iranienne d’un cessez-le-feu régional inclurait vraisemblablement la fin des opérations israéliennes contre le Hezbollah au Liban. Quant au « protocole pour le passage sûr » dans le détroit d’Hormuz, il pourrait permettre à l’Iran de contrôler le trafic maritime comme levier de négociation pour obtenir des concessions favorables après la guerre.
Malgré ce rejet, Trump estime que l’Iran reste disposé à négocier, décrivant les négociateurs iraniens comme des « participants actifs et volontaires » souhaitant parvenir à un accord. Le président américain a déjà reporté deux fois la date limite pour permettre la poursuite des discussions. Parallèlement, les responsables iraniens continuent de dialoguer avec les médiateurs potentiels, notamment la Turquie et le Qatar, qui restent impliqués dans les pourparlers.
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