Le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) a annoncé, le 5 avril 2026, la mise en place d’un dispositif temporaire d’accueil de ressortissants de pays tiers relevant des régimes migratoires américains.
Selon le communiqué officiel du ministère de la Communication et des Médias, cette initiative vise à respecter les engagements internationaux de la RDC en matière de protection des droits des migrants, tout en garantissant le contrôle et la sécurité sur son territoire. Les sites d’accueil ont été retenus à Kinshasa, et la prise en charge logistique sera assurée par les autorités américaines, sans coût pour le Trésor public congolais.
« Cette démarche est établie dans le respect de la souveraineté de la République démocratique du Congo en matière de gestion de l’accès et du séjour des étrangers sur son territoire, et s’inscrit dans le cadre de ses engagements internationaux et régionaux en matière de protection des droits des migrants. Elle a également traduit l’engagement constant de l’Etat Congolais en faveur de la dignité humaine et de la solidarité internationale. Pays profondément marqué par les réalités humanitaires et qui accueille déjà sur son sol des populations de diverses nationalités, la République démocratique du Congo demeure attachée aux valeurs d’hospitalité et de responsabilité partagées entre les nations. Le Gouvernement précise que la prise en charge logistique et technique du dispositif sera assurée par le Gouvernement américain à travers des structures spécialisées dans les mouvements des personnes à travers le monde. Aucune charge financière ne sera soutenue par le Trésor public de la République démocratique du Congo. Les dispositions nécessaires ont été prises, notamment en ce qui concerne les infrastructures d’accueil et les modalités d’encadrement. Les sites destinés à accueillir les personnes concernées ont été retenus dans la ville-province de Kinshasa, afin de garantir un suivi administratif, sécuritaire et humanitaire efficace, Le Gouvernement souligne que ce séjour n’a pas vocation à se transformer en mécanisme d’installation durable sur le territoire national. »
Toutefois, cette décision suscite de vives critiques au sein de la société civile. Jean Claude Katende, président de l’ASADHO, qualifie cette mesure d’« irréaliste » et met en garde contre les risques sécuritaires et administratifs. Selon lui, l’expérience passée avec l’accueil massif de réfugiés rwandais dans les années 1990 illustre les difficultés pour la RDC de gérer un afflux important de populations étrangères. Il souligne que le pays est déjà confronté à une pression migratoire significative et à des problèmes de sécurité dans plusieurs villes, et estime que cette décision pourrait accentuer ces défis.
Le gouvernement congolais insiste, pour sa part, sur le caractère temporaire de l’accueil et affirme que ce dispositif ne constitue ni une relocalisation permanente ni une externalisation de sa politique migratoire. La RDC affirme ainsi vouloir conjuguer hospitalité et souveraineté nationale, tout en encadrant strictement chaque situation selon ses lois et exigences de sécurité.
Le Hautpanel
