La création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), nouveau mouvement politico-militaire annoncé à Goma, à l’est de la République démocratique du Congo, sous la direction de l’ancien président Joseph Kabila, provoque des remous au sein du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).
Depuis lundi 12 octobre 2026, plusieurs cadres et figures politiques du parti prennent leurs distances avec leur ancien leader, certains allant jusqu’à claquer la porte.
Parmi les démissionnaires figurent India Omari et Aristote Ngarime, qui ont annoncé leur départ du PPRD.
Patrick Nkanga Bekonda a également décidé de quitter le parti et de renoncer à l’ensemble de ses responsabilités, notamment à ses fonctions de rapporteur du Bureau politique, instance dirigeante de cette formation politique.
Dans un communiqué, il évoque une « lourde et pénible décision », après vingt années d’engagement au sein du parti, qu’il avait rejoint en 2006.
De son côté, Allegra Fosh Ngalula a annoncé, dans une lettre datée du 12 octobre 2026, sa démission avec effet immédiat. Elle affirme notamment son refus d’être associée à toute initiative susceptible de compromettre la paix ou de déstabiliser les institutions du pays, réaffirmant son attachement aux voies démocratiques.
Marie-Ange Mushobekwa a, pour sa part, exprimé une position de rupture avec l’option militaire choisie par Joseph Kabila.
Dans une déclaration intitulée « La croisée des chemins : je fais le choix républicain », l’ancienne ministre affirme avoir servi le pays sous le leadership de l’ancien chef de l’État avec respect, conviction et loyauté, tout en reconnaissant les enseignements tirés de son expérience politique à ses côtés.
Toutefois, elle indique prendre ses distances avec la voie armée, précisant qu’elle entend poursuivre son combat politique au sein de l’opposition, à Kinshasa, par des moyens démocratiques et républicains.
Elle estime par ailleurs que la paix en République démocratique du Congo ne pourra être obtenue que par un dialogue franc, inclusif et constructif.
Ces départs successifs illustrent les profondes divergences suscitées au sein de l’ancien parti présidentiel par le choix de Joseph Kabila de prendre la tête du FRN, aux côtés de figures associées à l’ancienne rébellion AFC/M23.
Une orientation qui semble creuser davantage les lignes de fracture au sein du PPRD et mettre à l’épreuve la cohésion politique de cette formation.
Le Hautpanel
