Le président de l’Association africaine de défense des droits de l’homme (ASADHO), Jean-Claude Katende, appelle la Présidence de la République à sortir de son silence et à fournir des explications officielles sur les soupçons de blanchiment d’argent que la justice belge reprocherait à des proches du président Félix-Antoine Tshisekedi.
Dans une déclaration publiée dimanche 18 octobre 2026 sur son compte X, le défenseur des droits humains dénonce ce qu’il considère comme un manque de transparence dans la gestion de cette affaire. Il s’interroge notamment sur la décision de la Présidence d’interdire à ses membres tout contact avec l’ambassade de Belgique, alors qu’aucune explication publique n’aurait été donnée concernant les accusations évoquées.
« Vous devez rendre des comptes aux Congolais et Congolaises ! », lance Jean-Claude Katende, qui estime que les autorités ne peuvent pas se contenter de dénoncer un prétendu complot politique sans répondre préalablement aux faits qui sont à la base de cette controverse.
Pour le président de l’ASADHO, la première démarche consiste à établir clairement la véracité ou non des soupçons évoqués. « Avant de dire que les perquisitions sont un complot politique, il faut d’abord expliquer : les faits sont vrais ou faux ? », insiste-t-il.
Jean-Claude Katende relève également le silence observé, selon lui, sur les comptes X de la Présidence de la République, du porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, ainsi que du ministre d’État en charge de la Justice, Guillaume Ngefa. Une absence de communication qu’il juge préoccupante au regard des enjeux de transparence et de responsabilité publique.
Le responsable de l’ASADHO met en garde contre les conséquences d’une telle attitude sur la confiance des citoyens envers les institutions. Il considère que l’opacité dans la gestion des affaires publiques risque d’accentuer la méfiance entre la population et ses dirigeants.
« Le silence du peuple ne signifie pas qu’il ne voit pas ou qu’il n’entend pas », avertit-il, tout en rappelant que le Congo est un patrimoine commun dont la gestion doit profiter à l’ensemble des Congolais.
Il dénonce, par ailleurs, les risques de frustrations sociales liés à ce qu’il qualifie d’« enrichissement éhonté » de certains, alors qu’une partie de la population demeure confrontée à de nombreuses difficultés.
En conclusion, Jean-Claude Katende réclame une communication officielle des autorités afin de clarifier cette affaire et de dissiper les interrogations qui persistent dans l’opinion publique.
Pour lui, la transparence et la redevabilité constituent des exigences indispensables à la préservation de la confiance entre les gouvernants et les citoyens.
Le Hautpanel
