Alors que plusieurs initiatives diplomatiques ont été lancées pour mettre fin à la crise sécuritaire en République Démocratique du Congo — notamment les accords de Doha, de Nairobi et de Washington — des voix critiques s’élèvent sur leur pertinence et leur efficacité.
Parmi elles, celle de Maître Fidel Ubuntu, expert en sécurité participative, qui estime que la paix ne peut être atteinte uniquement par la multiplication d’accords souvent « imposés » ou mal appliqués.
Pour lui, « tout accord qui ne respecte pas la souveraineté d’un pays est appelé à être violé ».
Il déplore la persistance des violences sur le terrain, malgré les engagements signés par les différentes parties.
« D’un côté, des groupes armés bafouent les cessez-le-feu. De l’autre, le gouvernement dénonce les attaques des Wazalendo. Or, la guerre n’a jamais été réellement vaincue », explique-t-il.
Fidel Ubuntu plaide pour une justice transitionnelle solide, qui ne peut s’établir sans une défaite militaire claire des groupes armés et un retour à l’ordre.
Il propose par ailleurs de renforcer la sécurité participative, d’impliquer les communautés locales dans la gestion sécuritaire, et de réformer en profondeur les forces de défense.
Concernant la plateforme politique « Sauvons le Congo », récemment lancée par l’ex-président Joseph Kabila, Maître Ubuntu se montre prudent :
« Ce n’est pas une réponse à la crise sécuritaire, mais une stratégie politique pour ressusciter un système qui a déjà échoué. »
Selon lui, le peuple congolais doit désormais aspirer à des solutions durables, bâties sur des institutions fortes, une armée réformée, et une implication réelle des populations dans les processus de paix.
