Les choix du pape Léon XIV pour l’épiscopat catholique aux États-Unis marquent ce lundi 22 décembre 2025, un tournant notable dans la position de l’Église face aux politiques migratoires de l’administration Trump.
Une large majorité des nouveaux évêques nommés ont publiquement dénoncé le traitement réservé aux migrants, jugé inhumain et contraire aux valeurs chrétiennes.
Sur les treize évêques américains nommés jusqu’à présent par le souverain pontife, au moins dix se sont exprimés en faveur d’un meilleur respect des droits des immigrés.
Parmi eux figure le nouvel archevêque de New York, désigné pour succéder au cardinal conservateur Timothy Dolan, une nomination qui symbolise ce changement de cap.
Dans leurs prises de position, certains évêques ont qualifié les politiques migratoires de Donald Trump de cruelles, tandis que d’autres ont insisté sur la nécessité du respect de la procédure régulière avant toute expulsion.
Plusieurs prélats ont également participé à des manifestations, accompagné des migrants devant les tribunaux ou soutenu publiquement les communautés menacées d’expulsion.
Selon le cardinal Blase Cupich, archevêque de Chicago et proche conseiller du pape Léon XIV, cette orientation reflète une évolution profonde de la doctrine sociale de l’Église.
Le soin apporté aux immigrés fait désormais pleinement partie de l’enseignement pro-vie, a-t-il expliqué, soulignant une maturation de la compréhension de ce que signifie réellement défendre la vie.
Traditionnellement, l’agenda pro-vie des évêques américains s’est concentré presque exclusivement sur la lutte contre l’avortement, notamment à travers la contestation de l’arrêt Roe v. Wade de 1973.
Sous le pontificat de Léon XIV, cette vision s’élargit pour inclure la défense de la dignité humaine à toutes les étapes de la vie, y compris celle des migrants.
En septembre dernier, le pape Léon XIV avait lui-même suscité la controverse en remettant ouvertement en question la cohérence entre les politiques migratoires de Donald Trump et les valeurs chrétiennes.
Il avait alors déclaré que l’opposition à l’avortement ne pouvait être crédible si elle s’accompagnait d’un soutien à des traitements inhumains infligés aux immigrés.
Depuis son élection, le pape a nommé de nouveaux évêques dans plusieurs grandes villes américaines, notamment San Diego, Austin et Pittsburgh, renforçant ainsi une ligne pastorale plus engagée en faveur des migrants et des populations vulnérables.
Cette évolution pourrait durablement influencer la position de l’Église catholique aux États-Unis, dans un contexte politique où la question migratoire demeure l’un des sujets les plus sensibles et les plus clivants du pays.
