Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a vivement réagi à la marche organisée ce lundi 22 décembre 2025, à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, par des structures locales réclamant le maintien du mouvement rebelle AFC/M23 dans la ville d’Uvira, chef-lieu provisoire du Sud-Kivu.
Dans un message publié sur son compte X, le ministre de la Communication et Médias a dénoncé ce qu’il qualifie de mobilisation forcée de populations vivant sous occupation rebelle.
Selon lui, contraindre des civils à manifester en faveur de leurs bourreaux ne saurait en aucun cas redorer l’image du M23 ni celle de ses soutiens.
« Obliger les victimes à participer à une manifestation des bourreaux ne changera en rien l’image tristement et mondialement connue de tortionnaires et de criminels collée au père, le Rwanda, et au fils, le M23 », a-t-il déclaré.
Patrick Muyaya affirme par ailleurs que les méthodes de répression fouets, travaux forcés et autres sévices, utilisées contre ceux qui s’opposent à l’occupation rebelle ne parviendront jamais à briser l’esprit de résistance des Congolais vivant dans les zones sous contrôle de l’AFC/M23.
Pour le porte-parole du gouvernement, cette stratégie de contrainte traduit avant tout une absence totale d’adhésion populaire.
« Cette persistance dans le mal traduit bien le manque total de popularité de ceux qui gouvernent par le crime », a-t-il souligné, rappelant qu’aucun soutien sincère ne peut naître de la peur ou de la violence.
Il a également tenu à rassurer sur le plan judiciaire, affirmant que les crimes commis ne resteront pas impunis. « Pour chaque crime, il y aura une réponse judiciaire », a-t-il martelé.
Cette sortie médiatique intervient dans un contexte sécuritaire toujours tendu dans l’Est de la République démocratique du Congo, où les populations civiles continuent de payer un lourd tribut à un conflit marqué par des déplacements forcés, des violations des droits humains et une instabilité persistante.
