Les États-Unis ont officiellement achevé jeudi 22 janvier 2026 leur retrait de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ont annoncé conjointement le Département américain de la Santé et des Services sociaux et le Département d’État. Cette décision marque l’aboutissement d’un processus engagé il y a un an par le président Donald Trump, sur fond de critiques sévères à l’encontre de la gestion par l’OMS de la pandémie de COVID-19.
Dans une déclaration commune, le secrétaire à la Santé et aux Services sociaux, Robert F. Kennedy Jr., et le secrétaire d’État, Marco Rubio, ont justifié ce retrait par « l’incapacité persistante de l’OMS à mener des réformes urgentes », ainsi que par son manque d’indépendance face aux influences politiques de certains États membres.
Selon Washington, l’OMS a tardé à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale puis une pandémie au début de l’épidémie de COVID-19, retard qui aurait coûté « des semaines cruciales » au monde entier. Les autorités américaines reprochent également à la direction de l’organisation d’avoir relayé et salué la réponse initiale de la Chine, malgré des soupçons de sous-déclaration, de dissimulation d’informations et de retards dans la reconnaissance de la transmission interhumaine du virus.
L’administration américaine critique en outre la minimisation, à l’époque, des risques de transmission asymptomatique et du rôle de la transmission par voie aérienne. Après la pandémie, l’OMS n’aurait pas, selon Washington, engagé de réformes substantielles pour corriger ses faiblesses structurelles, alimentant la crainte que des considérations politiques puissent primer sur une action rapide et indépendante en matière de santé publique.
Les États-Unis pointent également le rapport de l’OMS sur les origines de la COVID-19, qui a écarté l’hypothèse d’une création du virus par des scientifiques, alors même que la Chine n’aurait pas fourni l’ensemble des données demandées, notamment les séquences génétiques des premiers cas et des informations sur la biosécurité des laboratoires de Wuhan.
Durant l’année de transition ayant suivi l’annonce du retrait, Washington a cessé de financer l’OMS, retiré son personnel et réorienté ses actions vers des partenariats bilatéraux directs avec d’autres pays et organisations. Les États-Unis continueront toutefois de coopérer de manière limitée avec l’OMS afin de finaliser les modalités techniques du retrait.
Affirmant leur rôle central dans la protection de la santé mondiale, les autorités américaines assurent qu’elles maintiendront leur leadership à travers des collaborations nouvelles et existantes avec des gouvernements partenaires, le secteur privé, des organisations non gouvernementales et des organisations confessionnelles. Ces efforts privilégieront la réponse d’urgence, la biosécurité et l’innovation en santé, avec pour priorité la protection des intérêts des Américains tout en contribuant à la sécurité sanitaire mondiale.
Le Hautpanel
