La Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et vice-présidente de la Commission européenne, Kaja Kallas, a annoncé jeudi 29 janvier 2026, un nouveau durcissement de la position européenne à l’égard de l’Iran, à la veille de la réunion du Conseil des affaires étrangères.
Dans une déclaration faite sur le pas de sa porte, elle a accusé les forces de sécurité iraniennes d’être responsables de massacres liés à la répression violente des manifestations, ayant fait des milliers de morts. En réponse, l’Union européenne a décidé d’imposer de nouvelles sanctions ciblées contre les responsables directement impliqués dans ces violences.
« Si vous agissez comme un terroriste, vous devez aussi être traité comme un terroriste », a déclaré Kaja Kallas, appelant les ministres des Affaires étrangères des États membres à prendre une décision politique majeure : la désignation du Corps des Gardiens de la Révolution islamique (CGRI) comme organisation terroriste au niveau de l’Union européenne.
Une telle décision constituerait un tournant majeur dans la politique européenne vis-à-vis de l’Iran, avec des implications diplomatiques, juridiques et sécuritaires considérables. Elle traduirait également la volonté de l’UE de renforcer son engagement en faveur des droits humains, face aux violations graves dénoncées par de nombreuses organisations internationales.
Créé en mai 1979 par l’ayatollah Ruhollah Khomeiny, fondateur de la République islamique d’Iran, le Corps des Gardiens de la Révolution ne se limite pas à une force militaire d’élite. Placé sous l’autorité directe du Guide suprême, il a pour mission de protéger le régime et de sauvegarder les acquis de la Révolution islamique, en luttant contre les ennemis intérieurs et extérieurs.
Au fil des décennies, les Pasdarans se sont imposés comme un véritable centre de pouvoir en Iran, étendant leur influence aux sphères politique, économique et sécuritaire, y compris au-delà des frontières nationales. Dotés d’un vaste réseau de renseignement et de capacités terrestres, aériennes et maritimes, ils sont considérés comme mieux équipés et entraînés que l’armée régulière.
Les discussions au sein du Conseil des affaires étrangères devront déterminer si un consensus politique peut être trouvé entre les États membres pour franchir ce pas décisif, dans un contexte international déjà marqué par de fortes tensions autour du dossier iranien.
Le Hautpanel
