Claude Ibalanky Ekolomba, ancien ambassadeur itinérant du président de la République et figure politique congolaise, a été aperçu ce samedi 31 janvier 2026 à Goma, ville sous contrôle de la rebellion de l’AFC/M23, en compagnie de Corneille Nangaa. Cette apparition publique, dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible à l’est de la République démocratique du Congo, relance le débat sur la portée politique et les implications de cette démarche.
Une présence hautement symbolique qui suscite de nombreuses interrogations sur le plan politique et sécuritaire. Absent de la République démocratique du Congo depuis près d’un an, Claude Ibalanky affirme avoir effectué une « offre » à Corneille Nangaa et dit attendre une réponse. « Je n’ai pas encore rejoint l’AFC/M23. Je suis venu dans une logique de contact… je tente de mettre fin à l’hémorragie. La paix passe par le dialogue », a-t-il déclaré depuis Goma.
Se présentant comme un homme de paix, il dit être « à la recherche de la paix » et reconnaît l’existence d’un « écart profond » qui se serait creusé avec le président Félix Tshisekedi. Il évoque également la possibilité d’intervenir comme consultant externe auprès de l’AFC/M23, en attendant une réaction de son principal dirigeant.
Ancien coordonnateur du Mécanisme national de suivi de l’Accord-cadre d’Addis-Abeba (MNS), Claude Ibalanky avait été nommé, le 23 mai 2023, ambassadeur itinérant du Chef de l’État par ordonnance présidentielle, une fonction rattachée directement à la Présidence de la République.
Le 12 juin 2023, il avait lancé le regroupement politique Réveil Populaire (REPOP), créé dans le cadre des élections générales de décembre 2023 et affichant son soutien à un second mandat de Félix Tshisekedi. Toutefois, le 19 janvier 2024, ce regroupement avait contesté les résultats des élections législatives publiés par la CENI, marquant une première rupture politique.
Son arrivée à Goma, fief rebelle et épicentre du conflit à l’est du pays, constitue un acte politiquement lourd de sens. Largement médiatisée, cette apparition ne laisse guère place à l’ambiguïté, malgré ses dénégations quant à une adhésion formelle au mouvement armé.
Claude Ibalanky tente de justifier sa démarche en se présentant comme un « artisan de paix », engagé dans une dynamique de dialogue. Un discours qui peine toutefois à convaincre, au regard du contexte sécuritaire, de la souffrance des populations civiles et de la symbolique forte de cette proximité affichée avec un groupe armé accusé de graves atteintes à la souveraineté nationale.
Se prévalant d’une connaissance approfondie des mécanismes ayant conduit à la résurgence de l’AFC/M23, l’ancien diplomate annonce son intention d’entamer une tournée dans la sous-région, affirmant vouloir mettre son « expertise » au service de la résolution du conflit. Une initiative personnelle qui interroge, alors même que les institutions légalement établies poursuivent des efforts diplomatiques officiels.
Insistant sur l’urgence d’un dialogue national inclusif, Claude Ibalanky se dit prêt à collaborer avec l’AFC/M23 dans une optique de paix. Une posture qui suscite de vives inquiétudes et soulève des interrogations légitimes sur les lignes rouges à ne pas franchir face aux groupes armés.
Dans un contexte marqué par l’exigence de fermeté de l’État et la quête de stabilité durable, cette démarche apparaît, pour de nombreux observateurs, maladroite, voire dangereuse.
Le Hautpanel
