À Beni, au cœur du Grand Nord meurtri par des années d’insécurité, le Président de l’Assemblée nationale, l’Honorable Aimé Boji Sangara Bamanyirwe, a procédé lundi 23 février 2026 à l’ouverture officielle du Forum provincial de paix consacré à la menace persistante des rebelles ougandais « forces démocratiques alliées (ADF) ».
Devant les autorités politico-administratives, les partenaires internationaux et les représentants de la société civile, le Speaker de la Chambre basse a prononcé un discours solennel, marqué par la gravité de la situation sécuritaire dans la région. Il a appelé à l’unité nationale face aux violences terroristes attribuées aux ADF, responsables de déplacements massifs de populations, de destructions des moyens de subsistance et de graves atteintes à la dignité humaine.
Évoquant sa récente tournée à Beni, Oicha, Butembo, Lubero et Lukanga, Aimé Boji a insisté sur la nécessité d’une réponse intégrée combinant sécurité, justice, action humanitaire, développement et coopération régionale.
« La menace que représentent les ADF appelle une approche globale, intégrée et multisectorielle », a-t-il déclaré, soulignant que ce forum devra déboucher sur des recommandations opérationnelles pour l’élaboration d’un plan provincial efficace de lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent.
Citant le Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, il a rappelé la détermination nationale face à l’insécurité : refuser la résignation, refuser la banalisation de la mort et restaurer l’espoir au sein des populations.
Pour le Président de l’Assemblée nationale, ce forum doit marquer « le point de départ d’un sursaut décisif de l’État, des communautés et de la Nation tout entière », afin de rétablir la confiance entre les institutions et les citoyens.
Pour le gouverneur militaire du Nord-Kivu, le Général-Major Evariste Somo Kakule, la mobilisation nationale et internationale est louable dans une « ville martyre mais porteuse d’espoir ».
Il a rappelé les atrocités perpétrées par les ADF depuis plus d’une décennie dans les territoires de Beni et Lubero, notamment les massacres de Rwangoma en 2016 ainsi que les attaques meurtrières récentes. Il a plaidé pour une coordination renforcée entre les FARDC, la PNC, les autorités locales, les partenaires internationaux et la société civile face à un ennemi transnational aux ramifications documentées.
Prévu sur plusieurs jours, le Forum provincial de paix vise à analyser les causes profondes de la persistance des ADF, renforcer la coordination sécuritaire et proposer des solutions durables pour la protection des civils et le retour de la stabilité dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Aimé Boji Sangara a réaffirmé l’engagement du Parlement aux côtés du gouvernement et des populations du Nord-Kivu : « L’histoire jugera notre capacité à protéger notre peuple. Nous n’avons pas le droit d’échouer. »
Ce forum s’inscrit dans un contexte sécuritaire encore fragile, mais porteur d’espoir, où les autorités nationales et provinciales entendent transformer les engagements en actions concrètes pour une paix durable au Nord-Kivu.
Le Hautpanel
