Selon le Wall Street Journal, plusieurs responsables américains estiment désormais que les États-Unis pourraient rencontrer de sérieuses difficultés à mettre en œuvre leurs plans de défense en cas d’invasion de Taïwan par la Chine dans un avenir proche.
En cause : l’épuisement rapide des stocks militaires américains lors d’engagements récents au Moyen-Orient.
Les chiffres avancés sont importants. Plus de 1 000 missiles de croisière Tomahawk auraient été utilisés depuis le 28 février, accompagnés de 1 500 à 2 000 intercepteurs de défense aérienne, notamment des systèmes THAAD, Patriot et Standard Missile.
D’après des estimations du CSIS, ces opérations auraient consommé environ 27 % des stocks de Tomahawk, 36 % des missiles JASSM, près de la moitié des SM-3, environ deux tiers des intercepteurs Patriot et plus de 80 % des systèmes THAAD.
Le renouvellement de ces stocks pourrait prendre jusqu’à six ans, selon plusieurs industriels du secteur, même dans un scénario d’augmentation de la production. Une montée en cadence significative ne serait pas attendue avant un à deux ans.
Dans ce contexte, certaines capacités de défense aérienne auraient été redéployées depuis la région Indo-Pacifique vers le Moyen-Orient, incluant notamment des radars et systèmes de protection avancés.
La Maison-Blanche conteste cependant certaines de ces analyses, affirmant que les capacités américaines restent suffisantes. Mais pour plusieurs experts, les données disponibles soulèvent une question stratégique majeure : les stocks américains sont-ils adaptés à un conflit de haute intensité contre une puissance comme la Chine ?
Pékin dispose en effet d’un arsenal militaire en expansion, incluant plus de 600 ogives nucléaires, un programme de missiles intercontinentaux en développement, la plus grande flotte navale en nombre de navires et des capacités de drones conçues pour saturer les défenses adverses.
Les simulations de guerre indiquent régulièrement qu’un conflit autour de Taïwan pourrait entraîner une consommation de munitions bien supérieure à celle observée dans les opérations récentes.
Dans ce contexte, certains analystes estiment que les États-Unis devraient renforcer en urgence leurs stocks stratégiques pour maintenir leur capacité de dissuasion.
Le prochain sommet entre Donald Trump et Xi Jinping, prévu dans trois semaines, sera observé de près dans ce climat de tensions croissantes.
Le Hautpanel
