Alors que les processus de paix de Doha et de Washington peinent à produire des résultats concrets, la rébellion de l’AFC/M23 poursuit méthodiquement le renforcement de son contrôle sur de vastes zones de l’Est de la République démocratique du Congo. Sur le terrain, le mouvement consolide à la fois ses positions militaires et son administration, accentuant le contraste entre les avancées diplomatiques annoncées et la réalité sécuritaire.
Au Sud-Kivu, l’AFC/M23 a consolidé son emprise sur Point Zéro, une position considérée comme stratégique par plusieurs sources sécuritaires. Cette localité pourrait servir de base pour une progression vers de nouveaux axes, notamment en direction des provinces du Maniema et du Tanganyika, faisant craindre une extension du conflit.
Dans le Nord-Kivu, la rébellion renforce également ses positions dans le sud du territoire de Lubero. La société civile locale redoute une reprise des hostilités dans cette zone déjà éprouvée par des mois d’affrontements et de déplacements de populations.
Parallèlement à son déploiement militaire, l’AFC/M23 accélère l’installation de son administration dans les territoires qu’il contrôle. À l’approche de la rentrée scolaire, le mouvement rébelle entend superviser la gestion administrative et financière des établissements scolaires, illustrant sa volonté de structurer son autorité sur les plans civil et institutionnel.
Ces développements interviennent plusieurs mois après les engagements pris dans le cadre des initiatives de paix de Doha et de Washington, dont les effets tardent à se matérialiser. Pour les populations de l’Est de la RDC, l’absence de progrès tangibles dans les négociations contraste avec la consolidation progressive de l’AFC/M23 sur le terrain, alimentant les inquiétudes quant à un retour rapide et durable de la paix.
Le Hautpanel
