L’administration Trump aurait donné son feu vert mardi 21 juillet 2026 à un ambitieux accord de coopération nucléaire civile de 30 ans avec l’Arabie saoudite, une entente qui pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars d’investissements et renforcer considérablement le partenariat stratégique entre Washington et Riyad.
Dans le cadre de cet accord, des groupes américains spécialisés, dont Westinghouse, pourraient participer à la construction de réacteurs nucléaires saoudiens, permettant aux États-Unis de conserver une place centrale dans le développement énergétique du royaume face à la concurrence de la Russie et de la Chine.
Mais au-delà des enjeux économiques et énergétiques, l’accord soulève une question hautement sensible : la possibilité d’un programme d’enrichissement d’uranium sur le territoire saoudien. Selon les discussions en cours, une installation pourrait voir le jour si une étude conjointe américano-saoudienne concluait à sa nécessité, avec un mécanisme de contrôle baptisé « boîte noire » destiné à limiter l’accès de Riyad aux technologies les plus sensibles.
Cette perspective inquiète plusieurs experts en sécurité internationale, qui redoutent qu’un tel dispositif ne contribue à accélérer une nouvelle dynamique de prolifération nucléaire au Moyen-Orient.
Les déclarations passées du prince héritier Mohammed ben Salmane, affirmant que l’Arabie saoudite chercherait à obtenir l’arme nucléaire si l’Iran franchissait ce seuil, alimentent davantage ces préoccupations.
Le Congrès américain dispose d’un droit de regard sur l’accord, mais son blocage nécessiterait une majorité qualifiée des deux tiers, un scénario jugé difficile à atteindre politiquement.
L’accord illustre ainsi un paradoxe stratégique majeur pour Washington : alors que les États-Unis exercent une forte pression sur l’Iran pour limiter son programme d’enrichissement, ils pourraient simultanément ouvrir la voie à une capacité nucléaire civile avancée dans un autre pays clé de la région.
Entre opportunité économique, alliance géopolitique et risques de prolifération, le dossier nucléaire saoudien s’annonce comme l’un des grands enjeux diplomatiques du Moyen-Orient dans les prochaines années.
Le Hautpanel
