Le Pakistan cherche à transformer son activisme diplomatique en levier économique. Après avoir joué un rôle de médiateur dans les discussions entre les États-Unis et l’Iran, Islamabad a officiellement demandé à Washington une facilité de stabilisation des changes de 10 milliards de dollars américains, destinée à renforcer ses réserves de change et à soutenir la roupie pakistanaise.
Selon les informations disponibles, la demande a été adressée directement au secrétaire américain au Trésor, David Bessent, pour une durée de cinq ans. Si elle est approuvée, cette facilité constituerait un soutien exceptionnel de la part du Trésor américain. Depuis 2002, seuls deux pays auraient bénéficié d’un mécanisme similaire : l’Uruguay et, plus récemment, l’Argentine.
Cette initiative intervient alors que le Pakistan tente de consolider sa stabilité financière après avoir frôlé un défaut de paiement en 2023. L’économie pakistanaise demeure fortement dépendante des refinancements accordés par la Chine et l’Arabie saoudite, tandis que la faiblesse des réserves de change continue de peser sur la monnaie nationale.
Au-delà de son aspect financier, cette requête illustre la dimension stratégique de la diplomatie pakistanaise. En s’impliquant dans les efforts de dialogue entre Washington et Téhéran, Islamabad semble chercher à convertir son rôle géopolitique en avantages économiques concrets.
Si les autorités américaines accèdent à cette demande, le Pakistan bénéficierait d’une importante marge de manœuvre pour stabiliser son économie, rassurer les marchés financiers et réduire la pression sur la roupie. Le dossier sera également observé comme un indicateur de l’évolution des relations entre Washington et Islamabad dans un contexte de recomposition des équilibres géopolitiques en Asie.
Le Hautpanel
