La République démocratique du Congo (RDC) a réaffirmé, lundi 10 août 2026 , devant le Conseil de sécurité des Nations unies à New York, son attachement au respect du droit international humanitaire et à la protection des personnes affectées par les conflits armés.
Intervenant lors d’une réunion organisée selon la formule Arria, co-organisée par la Lettonie et le Royaume-Uni, avec la participation de l’Ukraine, sur le thème de la mise en œuvre du droit international humanitaire dans le contexte de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, la RDC a insisté sur le caractère universel des règles protégeant les populations en temps de guerre.
Dans une déclaration prononcée par Jocelyne Kabengele Lukundula, Ambassadeur et Représentante permanente adjointe de la RDC auprès de l’ONU, Kinshasa a rappelé que les Quatre Conventions de Genève de 1949 et leurs Protocoles additionnels constituent le socle de la protection des personnes qui ne participent pas ou ne participent plus aux hostilités.
« Le droit international humanitaire s’impose à toutes les parties et doit être appliqué en toutes circonstances », a souligné la diplomate congolaise, insistant notamment sur la nécessité de traiter les prisonniers de guerre, les détenus civils et toutes les personnes hors de combat avec humanité et dignité.
Kinshasa plaide pour la désescalade et le dialogue
La RDC s’est également déclarée préoccupée par la poursuite des hostilités en Ukraine et par leurs conséquences humaines, politiques et sécuritaires. Pour Kinshasa, la prolongation du conflit accroît les souffrances des populations civiles et fragilise davantage les perspectives d’un règlement durable.
Fidèle à sa position en faveur du règlement pacifique des conflits, la RDC a estimé qu’« il ne peut y avoir de solution militaire à cette crise ». Elle a appelé à une désescalade progressive, à un engagement sincère des parties en faveur du dialogue ainsi qu’à la poursuite des efforts diplomatiques devant conduire à un cessez-le-feu et, à terme, à une paix durable.
Kinshasa a par ailleurs mis en garde contre le risque de voir le débat international contribuer à une polarisation accrue des positions. Selon la délégation congolaise, quelles que soient les divergences politiques autour du conflit, le respect du droit international humanitaire demeure une obligation qui ne saurait être relativisée.
Les prisonniers au cœur des préoccupations
La RDC a particulièrement insisté sur la protection des prisonniers de guerre et des détenus civils, ainsi que sur la nécessité de garantir l’accès humanitaire aux personnes affectées par le conflit.
Elle a appelé à la mise en place de conditions permettant aux acteurs humanitaires d’exercer pleinement leur mandat et a plaidé pour que toute allégation de violation du droit international humanitaire soit examinée par des mécanismes crédibles, impartiaux et indépendants.
Kinshasa a également salué les récents échanges de prisonniers entre les parties, considérés comme un signe que le dialogue demeure possible malgré la poursuite des combats.
Pour la RDC, ces échanges constituent des avancées humanitaires susceptibles de créer progressivement un climat propice à des discussions politiques plus substantielles.
Une attention particulière aux combattants étrangers
La question des combattants étrangers a également été abordée par la délégation congolaise. La RDC a relevé que les conflits contemporains dépassent souvent les frontières des États directement impliqués et peuvent affecter des ressortissants de pays tiers, notamment africains.
Kinshasa a ainsi appelé à renforcer la coopération entre les parties au conflit, les États d’origine et les organisations humanitaires afin d’assurer l’identification des personnes concernées, leur protection, l’assistance consulaire et, lorsque les conditions le permettent, leur rapatriement.
La RDC estime que cette coopération peut contribuer à prévenir l’exploitation de personnes vulnérables et à limiter l’internationalisation des conflits.
L’expérience des Grands Lacs mise en avant
S’appuyant sur son expérience des conflits armés dans la région des Grands Lacs, la RDC a rappelé que l’affaiblissement des règles destinées à protéger les populations civiles entraîne d’abord des conséquences humaines dramatiques.
Kinshasa a donc appelé toutes les parties à placer la protection de la vie et de la dignité humaines au-dessus des considérations politiques immédiates.
Pour la diplomatie congolaise, chaque échange de prisonniers, chaque personne retrouvée et chaque mesure humanitaire mise en œuvre peuvent contribuer à restaurer la confiance nécessaire à tout processus de paix.
La RDC a enfin réaffirmé sa disponibilité à soutenir toute initiative conforme au droit international et susceptible de rapprocher les parties vers un dialogue structuré, un cessez-le-feu et une cessation durable des hostilités.
À travers cette position, Kinshasa entend promouvoir une approche fondée sur le respect du droit international, le dialogue et la recherche d’une paix juste, négociée et durable, conformément aux buts et principes de la Charte des Nations unies.
Le Hautpanel
