Le processus sécuritaire entre la République démocratique du Congo et le Rwanda entre dans une phase déterminante. Une conférence de planification trilatérale est attendue au cours de ce mois d’octobre afin de revoir le cadre opérationnel des engagements pris entre Kinshasa et Kigali dans le cadre du processus de Washington.
Cette rencontre, convenue lors de la sixième réunion du Mécanisme conjoint de coordination de la sécurité tenue les 12 et 13 août à Genève, devrait notamment déboucher sur un ordre d’opérations révisé. Celui-ci doit préciser les modalités de mise en œuvre et de vérification des engagements sécuritaires sur le terrain.
Au cœur des discussions figurent notamment la neutralisation des FDLR, le désengagement des forces ainsi que la levée des mesures défensives annoncées par Kigali. L’objectif affiché est de transformer les engagements politiques en mécanismes opérationnels permettant d’en suivre concrètement l’application.
Les FDLR au cœur du dispositif
La question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) demeure l’un des principaux dossiers sécuritaires entre les deux pays.
Kinshasa affirme avoir engagé un processus de désarmement et de cantonnement volontaire des combattants concernés. Kigali, de son côté, considère la neutralisation de cette force comme un élément central de ses propres engagements sécuritaires.
La RDC a également présenté à Genève son plan de désarmement, de démobilisation et de réintégration des combattants des FDLR. La MONUSCO a, pour sa part, été associée aux échanges afin de partager son expérience en matière de désarmement et de réintégration.
Décembre, une autre échéance majeure
Après l’étape d’octobre, le regard se tournera vers le 20 décembre 2026, date d’expiration du mandat actuel de la MONUSCO.
L’avenir du dispositif onusien dans l’est de la RDC pourrait alors prendre une nouvelle dimension. Kinshasa souhaite notamment voir la MONUSCO jouer un rôle clairement défini dans l’accompagnement, la vérification et la surveillance du processus de désarmement des FDLR.
Lors des discussions au Conseil de sécurité des Nations unies, la RDC a déjà insisté sur la nécessité de disposer d’un mécanisme permettant de vérifier concrètement la mise en œuvre des engagements sécuritaires.
Deux échéances, un même défi
Entre la conférence attendue en octobre et l’échéance du mandat de la MONUSCO en décembre, Kinshasa et Kigali sont confrontés à un même enjeu : transformer les engagements diplomatiques en résultats vérifiables sur le terrain.
L’ordre d’opérations révisé attendu en octobre devra préciser les responsabilités, les mécanismes de suivi et les procédures de vérification. En décembre, le Conseil de sécurité devra, à son tour, se prononcer sur la suite du dispositif onusien.
Les prochaines semaines s’annoncent donc importantes pour le processus de Washington, dont la crédibilité dépendra largement de la capacité des parties à traduire les engagements conclus en actions concrètes et vérifiables dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le Hautpanel
