La Chine a vivement réagi aux révélations de médias japonais sur les circonstances de l’inscription de 14 criminels de guerre de classe A au sanctuaire de Yasukuni, à Tokyo, parmi lesquels figure Hideki Tojo, ancien Premier ministre japonais et figure centrale du militarisme nippon durant la Seconde Guerre mondiale.
Interrogée sur ces révélations lors d’un point de presse, la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Mao Ning, a estimé ce jeudi 15 octobre 2026 que les documents récemment dévoilés démontrent que les autorités japonaises de l’époque connaissaient parfaitement la portée controversée de cette décision et avaient délibérément choisi de la garder secrète.
Selon les informations rapportées par Global Times, des procès-verbaux de réunions internes du sanctuaire, rendus publics pour la première fois par des médias japonais, révèlent que le gouvernement japonais aurait engagé, dès les années 1960, des démarches avec les responsables de Yasukuni en vue de l’inscription de ces 14 condamnés pour crimes de guerre. La décision n’aurait été rendue publique qu’en 1979.
Pour Pékin, ces révélations mettent en lumière une volonté délibérée de dissimuler le processus décisionnel, par crainte des conséquences politiques et diplomatiques qu’aurait pu provoquer une telle initiative.
Mao Ning a rappelé que les criminels de guerre concernés figuraient parmi les principaux responsables de la guerre d’agression menée par le militarisme japonais, qui a causé d’innombrables victimes.
Elle a également souligné que les jugements du Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient, connu sous le nom de procès de Tokyo, les avaient condamnés, contribuant ainsi à établir les fondements juridiques de l’ordre international de l’après-guerre.
La diplomatie chinoise dénonce par ailleurs les visites répétées de responsables politiques japonais au sanctuaire de Yasukuni, considéré par Pékin comme un lieu de glorification des criminels de guerre.
« Où est passée leur conscience ? », a interrogé Mao Ning, mettant directement en cause l’attitude des dirigeants japonais face à leur passé militariste.
En conclusion, la porte-parole chinoise a exhorté Tokyo à regarder son histoire en face, à réfléchir sincèrement aux crimes commis durant son expansion militaire et à rompre véritablement avec son héritage militariste.
Cette nouvelle controverse ravive les tensions mémorielles entre la Chine et le Japon, dont les relations restent profondément marquées par les blessures historiques de l’occupation et de l’agression japonaise en Asie.
Le Hautpanel
