Le Caucus des députés nationaux élus du Sud-Kivu s’oppose fermement à la création du Front pour la Refondation de la Nation (FRN), un mouvement politico-militaire dirigé par l’ancien président de la République, Joseph Kabila Kabange. Cette position a été rendue publique ce mardi 20 octobre 2026 dans une déclaration politique lue par le président du Caucus, le député Prince Cokola Kantitima.
Dans leur déclaration, les élus du Sud-Kivu expriment leurs préoccupations quant aux conséquences que pourrait entraîner la création de cette nouvelle structure sur la situation sécuritaire dans l’Est de la République démocratique du Congo. Selon eux, cette initiative risque de fragiliser davantage les efforts entrepris pour restaurer la paix et la stabilité dans cette partie du pays.
Se référant notamment à l’article 64 de la Constitution, qui reconnaît à tout Congolais le devoir de faire échec à toute prise ou tout exercice du pouvoir par la force en violation de l’ordre constitutionnel, les députés réaffirment leur attachement à la souveraineté nationale, à l’intégrité territoriale et à l’unité de la RDC.
Le Caucus s’interroge également sur l’implication de Joseph Kabila dans cette initiative politico-militaire, au regard de ses précédentes positions concernant les actions du régime rwandais dans la région. Les élus évoquent notamment la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que différents rapports internationaux relatifs à la crise sécuritaire dans l’Est du pays.
Face à cette situation, les députés appellent la population congolaise à préserver les valeurs républicaines et à rejeter toute démarche armée susceptible de compromettre davantage la stabilité nationale. Ils estiment que la refondation durable de la nation doit privilégier les voies pacifiques plutôt que le recours aux armes.
Les élus du Sud-Kivu plaident également pour la poursuite des initiatives diplomatiques et politiques en cours, notamment les accords de Washington et de Doha, ainsi que l’initiative présidentielle en faveur d’un dialogue national inclusif. Pour eux, ces mécanismes constituent des pistes importantes dans la recherche de solutions durables à la crise qui sévit dans l’Est de la RDC.
Par ailleurs, le Caucus exprime sa compassion et sa solidarité envers les populations du Sud-Kivu durement affectées par les conflits armés. Il attire l’attention sur les conséquences humanitaires de cette crise, notamment les déplacements forcés, les pertes en vies humaines et les conditions de vie particulièrement difficiles auxquelles sont confrontées de nombreuses familles.
Les députés appellent ainsi à renforcer l’assistance humanitaire en faveur des populations touchées, soulignant que les efforts diplomatiques doivent impérativement s’accompagner de réponses concrètes sur le terrain.
En conclusion, les élus nationaux du Sud-Kivu réaffirment leur soutien au président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, qu’ils présentent comme le garant de la nation et des institutions républicaines.
Leur déclaration se termine par un appel à l’unité nationale, illustré par la devise swahilie « Umoja ni nguvu », qui signifie « L’unité fait la force », tout en réaffirmant leur engagement en faveur d’un Congo souverain, uni et pacifique.
Le Hautpanel
