Un présumé scandale financier secoue la province du Kwango. Plus de 12,9 milliards de francs congolais, décaissés par le Trésor public pour soutenir la campagne agricole 2025-2026, seraient introuvables. Face à cette situation troublante, la société civile hausse le ton et réclame des explications urgentes ainsi que l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante.
Selon une note de l’Agence pour la prévention et la lutte contre la corruption (APLC), ces fonds publics, initialement destinés à l’acquisition d’équipements agro-sylvo-pastoraux, auraient transité par plusieurs comptes bancaires attribués au ministère provincial de l’Agriculture. Pourtant, leur utilisation effective demeure entourée de nombreuses zones d’ombre.
Au cœur de cette affaire, la ministre provinciale de l’Agriculture, Josée Lulengwa, rejette catégoriquement toute implication. Elle affirme n’avoir jamais reçu ces fonds et soutient que son ministère ne détient même pas les comptes bancaires mentionnés dans le document de l’APLC.
Ces versions contradictoires soulèvent de sérieuses interrogations sur le circuit de décaissement, la traçabilité des fonds et les responsabilités administratives ou politiques dans cette opération.
Face à cette opacité, la société civile du Kwango refuse de laisser le dossier sombrer dans le silence. Par la voix de son vice-président, Symphorien Kwengo, elle dénonce une gestion préoccupante des deniers publics et exige que toute la lumière soit faite sur cette affaire.
Au-delà de la bataille des déclarations, l’enjeu est considérable : ces milliards étaient censés soutenir les agriculteurs, renforcer les capacités de production locale et contribuer à la sécurité alimentaire de la province. Leur disparition présumée intervient dans un contexte où les producteurs agricoles manquent cruellement de moyens.
La société civile réclame ainsi une enquête judiciaire indépendante et rigoureuse afin d’identifier les bénéficiaires réels des fonds, de retracer les mouvements bancaires et d’établir les responsabilités. Si des détournements sont établis, les personnes impliquées devront répondre de leurs actes devant la justice.
Le Hautpanel
