Le Président angolais Joao Lourenço a présidé, ce mardi 27 juin 2023 à Luanda, un sommet sur la paix dans l’est de la République démocratique du Congo, en présence des dirigeants représentant quatre organes régionaux en Afrique, à savoir la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL), la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) et Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC).
Dans son discours, João Lourenço a appelé la SADC, CAE, CIRGL et CEEAC à s’investir pour libérer la Région des Grands Lacs du fléau des conflits.
« C’est un événement sans précédent, car c’est la première fois que des organisations régionales ou des mécanismes régionaux, sous l’égide de l’Union Africaine et des Nations Unies, se réunissent pour se concentrer sur l’insécurité croissante et inquiétante qui déstabilise ce pays frère, la République Démocratique du Congo, depuis des décennies.
Il est impératif que toutes les Organisations présentes ici soient investies dans la même mission, voir la Région des Grands Lacs libérer du fléau des conflits qui reportent irrémédiablement les plans nationaux de développement et s’engagent donc dans le programme tant attendu d’intégration régionale et continentale », a déclaré le président angolais.
Il a indiqué que la République d’Angola veut relancer les bases d’un dialogue constructif et pacifique entre la République Démocratique du Congo et le Rwanda.
« Depuis près de trois décennies, la République d’Angola a été victime d’un conflit armé, c’est pourquoi nous comprenons, par expérience vécue, les horreurs qui affrontent aujourd’hui les populations de l’Est de la RDC, notre pays frère avec lequel nous partageons une longue frontière.
C’est dans la logique de l’esprit de solidarité et dans le cadre du mandat que nous avons reçu de l’Union Africaine en mai 2022, que la République d’Angola a entrepris un ensemble d’initiatives visant à relancer les bases d’un dialogue constructif et pacifique entre l’Union africaine, la République démocratique du Congo et le Rwanda, afin de dissiper la tension entre ces deux pays frères et voisins, fruit de la résurgence du M23 qui depuis début 2022, déclenche des actions armées et occupa plusieurs localités en territoire congolais.
C’est aussi dans ce contexte que, dans le cadre du CIRGL, nous avons facilité le dialogue entre les parties qui a permis, entre autres, l’adoption de la » feuille de route de Luanda sur le processus de pacification de la région orientale de la RDC ».
Cette feuille de route a établi un ensemble d’engagements que les parties doivent mettre en œuvre, soulignant ici la nécessité de normaliser les relations politico-diplomatiques entre la RDC et le Rwanda, y compris la fin des hostilités et la suppression immédiate des positions occupées par le M23 pour les centres de détention.
Dans le cadre de ce processus, le « Plan d’action commun pour la résolution de la crise sécuritaire dans la région de l’Est de la RDC » a été adopté par la suite, dans le cadre duquel le cantonnement des éléments du M23 en territoire congolais a été convenu et le début du rapatriement de tous les réfugiés, ainsi que du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) », a souligné Lourenço.
Le Président angolais Joao Lourenço a appelé les parties aux discussions à assurer la crédibilité et la confiance du processus. Il a souligné qu’en tant que médiateur, l’Angola s’est engagée à déployer un contingent des forces armées angolaises pour assurer la sécurité des éléments du M23 dans les centres de cantonnement.
« Il est nécessaire de mettre en œuvre les décisions prises lors des différents sommets afin d’assurer la crédibilité et la confiance du processus. Dans cet objectif, le Sommet de Luanda du 03 juin a chargé les ministres des affaires étrangères de l’Angola, de la RDC, du Rwanda et du Burundi de se réunir périodiquement pour une évaluation commune des progrès réalisés dans la mise en œuvre des engagements découlant de la feuille de route de Luanda et du Plan d’action commun pour la région du Pacifique de l’Est de la RDC », a-t-il précisé.
Le dirigeant angolais a invité chacune des Communautés économiques régionales à donner ce qu’elle a de précieux afin d’aboutir à la pacification de la région du Grand Lacs.
« Dans le cadre des délibérations de ce sommet, nous chercherons à privilégier le renforcement de la coordination des avantages comparatifs que chacune des Communautés économiques régionales peut offrir dans ce processus de pacification de la région du Grand Lacs.
Le rôle de coordination et de suivi de l’ONU de l’Union africaine est fondamental et peut contribuer au renforcement du principe de subsidiarité afin de parvenir à la pacification tant attendue de l’est de la RDC.
Nous renforcerons ainsi les piliers du développement et de l’intégration socio-économique de nos régions et assurerons le bien-être de nos populations et contribuerons à la réalisation effective de l’engagement de faire taire les armes en Afrique », a conclu le président Lourenço.
Le Hautpanel