La Commission Nationale des Droits de l’Homme de la République Démocratique du Congo (CNDH-RDC) a officiellement lancé, ce lundi 02 février 2026, une Mission d’établissement des faits destinée à faire la lumière sur les graves violations des droits humains commises lors de la crise de Kamwena Nsapu, notamment les massacres de populations civiles au Kasaï Central entre 2016 et 2017, ainsi que le double meurtre des experts des Nations unies, Zaida Catalán et Michael Sharp.
L’annonce fait suite au communiqué publié le 6 janvier 2026 par la CNDH-RDC, dans un contexte marqué par le procès en appel relatif à l’assassinat des deux experts onusiens. Baptisée MEFKC-CNDH, la mission est désormais entrée dans sa phase opérationnelle, avec pour objectif de contribuer à la manifestation de la vérité et à la lutte contre l’impunité.
Une enquête sur des crimes restés largement impunis
Selon la CNDH-RDC, la mission a pour mandat d’enquêter sur l’ensemble des violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire perpétrées durant la crise Kamwena Nsapu. Il s’agit notamment d’identifier les auteurs, co-auteurs et surtout les commanditaires de ces exactions, afin de permettre leur poursuite devant les juridictions compétentes.
La mission devra également formuler des recommandations concrètes visant à prévenir la répétition de telles violations à l’avenir et à renforcer les mécanismes de responsabilité au sein de l’État congolais.
Coopération nationale et internationale
Pour mener à bien son travail, la MEFKC-CNDH prévoit de collecter et vérifier des preuves sur le terrain, tout en coopérant avec les institutions étatiques congolaises, les Nations unies, ainsi que les gouvernements américain et suédois, pays d’origine des experts assassinés. D’autres mécanismes internationaux de surveillance mandatés pour la RDC seront également associés au processus.
Les informations recueillies serviront à l’élaboration de rapports publics, susceptibles d’être utilisés, avec l’accord des sources, dans le cadre d’enquêtes judiciaires nationales ou internationales.
Appel aux victimes, témoins et organisations
Dans ce cadre, la CNDH-RDC lance un appel à contributions à l’endroit des victimes, témoins, organisations de la société civile et autres acteurs disposant d’informations pertinentes. Les contributions peuvent concerner les faits, l’identité des responsables présumés, ainsi que celle des victimes et des témoins.
Consciente de la sensibilité du dossier, la Commission insiste sur le respect strict de la confidentialité, le principe du « ne pas nuire » et la protection des sources, conformément à la loi organique portant création de la CNDH.
Un pas vers la vérité et la justice
Plusieurs années après les événements tragiques du Kasaï Central, cette mission est perçue comme une étape cruciale vers la reconnaissance des souffrances des victimes et la consolidation de l’État de droit en République démocratique du Congo. Pour de nombreux observateurs, la MEFKC-CNDH pourrait marquer un tournant décisif dans la quête de vérité, de justice et de réparation pour l’une des crises les plus meurtrières de l’histoire récente du pays.
Le Hautpanel
