Le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur et de la Sécurité, Jacquemain Shabani, fait l’objet depuis lundi 13 avril d’une motion de défiance déposée à l’Assemblée nationale. L’initiative est portée par le député Laddy Yangotikala, élu de Kisangani dans la province de la Tshopo et membre de l’Union sacrée, la coalition au pouvoir.
Selon le signataire de la motion, plus de cinquante députés auraient déjà apposé leur signature en soutien à cette démarche parlementaire, traduisant une contestation grandissante au sein de l’hémicycle.
Une dénonciation de la dégradation sécuritaire
Au cœur de cette initiative, le député dénonce une « gestion inefficace » de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo, marquée par une recrudescence des actes criminels, notamment dans la capitale Kinshasa et d’autres grandes villes du pays.
Il estime que cette insécurité persistante met en évidence des dysfonctionnements dans la coordination des services de sécurité et une réponse insuffisante des autorités face aux attentes de la population.
Évoquant plusieurs cas récents d’enlèvements et d’assassinats, le député a rappelé notamment la mort d’un journaliste de la RTNC ainsi que celle d’un médecin, présentés comme des exemples illustrant la gravité de la situation.
Une interpellation directe du gouvernement
S’exprimant avec fermeté, Laddy Yangotikala a dénoncé la peur grandissante des citoyens dans leurs déplacements quotidiens : « Il y a des braquages à main armée en pleine journée… Le peuple a besoin de circuler librement, mais aujourd’hui il ne sait plus se mouvoir sans peur dans la ville de Kinshasa. »
Il a également mis en cause l’efficacité des enquêtes et des poursuites judiciaires engagées contre les auteurs présumés de ces actes criminels, estimant que les résultats restent insuffisants.
Dans son intervention, il a appelé le vice-Premier ministre à prendre ses responsabilités, allant jusqu’à lui demander de remettre sa démission dans un délai de 48 heures.
Une procédure parlementaire engagée
Conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la motion de défiance devra être examinée en plénière. Les députés seront ensuite appelés à se prononcer par vote sur le maintien ou non de Jacquemain Shabani à son poste.
Le débat s’annonce particulièrement suivi, dans un contexte politique marqué par de fortes attentes de la population en matière de sécurité publique.
Le Hautpanel
