La course à la présidence de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA) connaît un tournant inédit. À l’issue des décisions de la Commission de Recours Électoral, une seule liste a finalement été validée pour le scrutin du 20 mai 2026 : celle conduite par Monsengo Omba Véron, désormais seul candidat face aux 68 électeurs appelés à désigner le futur Comité Exécutif.
Sur les neuf candidatures initiales, cinq recours ont été rejetés pour irrégularités administratives, notamment des listes incomplètes, l’absence de colistières féminines conformes ou encore des candidatures individuelles non recevables. Trois autres prétendants se sont retirés en cours de processus, parmi lesquels l’ancien capitaine des Léopards Shabani Nonda et l’ex-président de la Linafoot Bosco Mwehu.
Veron Monsengo Omba a présenté le 11 Mai dernier au cours d’une conférence de presse son programme dénommé FECOFA 2030. Ce moment important a permis de partager sa vision, ses priorités claires, et son équipe engagée et surtout une ambition de refonder durablement le football congolais.
Monsengo Omba Véron, un profil venu des instances internationales
Ancien secrétaire général de la Confédération Africaine de Football CAF, Monsengo Omba Véron a déposé en dernier sa candidature dans la nuit du 21 avril. Son retour dans le football congolais s’apparente à une reconversion rapide pour celui qui affirme vouloir « redresser une fédération en crise».
Mais son profil suscite des réactions contrastées au sein du football national. Certains acteurs lui reprochent d’avoir soutenu, durant plusieurs années, le maintien du comité de normalisation, période durant laquelle les tensions entre ligues locales se seraient aggravées, notamment à Kinshasa.
Proximité avec la FIFA et interrogations sur l’indépendance
Autre point de débat : ses liens étroits avec le président de la Fédération Internationale de Football Association FIFA, Gianni Infantino, qu’il aurait rencontré durant ses années d’études en Suisse, où il réside encore partiellement. Monsengo Omba a également travaillé à la FIFA en qualité de responsable régional de la division Associations membres de la FIFA pour l’Afrique et les Caraïbes.
Or, les règles de la FECOFA exigent une résidence permanente en République Démocratique du Congo. Le candidat affirme avoir transmis les justificatifs nécessaires et avoir régularisé sa situation administrative, notamment sa nationalité congolaise.
Soutiens politiques et enjeux institutionnels
Selon plusieurs sources, Monsengo Omba Véron bénéficierait du soutien du président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo Félix Tshisekedi ainsi que du ministère des Sports. Il aurait notamment accompagné le ministre lors d’un déplacement au Mexique à l’occasion de la qualification des Léopards pour la Coupe du monde 2026.
Cette proximité avec le pouvoir politique alimente cependant les interrogations sur l’indépendance future de la FECOFA.
Un scrutin sous le signe du paradoxe
Le football congolais aborde cette élection dans un contexte paradoxal : d’un côté, une qualification historique pour la Coupe du monde 2026 ; de l’autre, une gouvernance toujours fragilisée par des crises internes et des contestations structurelles.
Le futur président, élu sans opposition directe, héritera d’une fédération toujours sous surveillance des instances internationales et confrontée à une question centrale : reconstruire sa légitimité dans un environnement où l’unanimité des candidatures ne garantit pas l’apaisement du football national.
Le Hautpanel
