La riposte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo fait face à une pression croissante. Selon le dernier rapport publié ce samedi 11 juillet 2026, par le Centre des opérations d’urgence de santé publique (COUSP), l’épidémie d’Ebola-Bundibugyo a atteint 1 873 cas confirmés pour 672 décès, soit une létalité de 35,9 %.
En l’espace de 24 heures, 43 nouveaux cas confirmés et 24 décès supplémentaires ont été enregistrés, confirmant la poursuite de la transmission dans plusieurs zones affectées. L’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie, concentrant à elle seule 91 % des cas et 86 % des décès, notamment dans les zones de santé de Bunia, Rwampara et Mongbwalu.
La situation épidémiologique s’est également complexifiée avec l’apparition de cas officiellement recensés dans deux nouvelles provinces, le Haut-Uélé et la Tshopo, portant à cinq le nombre de provinces touchées. Les autorités sanitaires précisent toutefois que ces cas restent liés à la chaîne de transmission issue du foyer de Nia-Nia, dans l’Ituri.
Au-delà de la progression du virus, la riposte est confrontée à une importante contrainte financière. Le COUSP estime à 20 millions de dollars américains le déficit de financement nécessaire pour assurer pleinement les différentes composantes de l’intervention : surveillance épidémiologique, prise en charge des malades, vaccination, prévention et contrôle des infections, ainsi que mobilisation communautaire.
Cette insuffisance budgétaire intervient alors que plusieurs indicateurs opérationnels restent préoccupants. Le suivi des contacts demeure inférieur aux standards recommandés, avec un taux de 71,7 % contre un objectif de 95 %, tandis que certains centres de traitement connaissent une forte pression, notamment au Nord-Kivu où le taux d’occupation atteint 135 %.
Face à cette situation, les autorités sanitaires appellent à une mobilisation urgente des partenaires techniques et financiers afin de combler le déficit et éviter un affaiblissement du dispositif de contrôle. Dans un contexte où Ebola continue de gagner de nouveaux territoires, le financement apparaît désormais comme un facteur déterminant dans la capacité de la RDC à inverser la dynamique de l’épidémie.
Le Hautpanel
