Le président du parti ADD Congo, porte-parole de la coalition de l’opposition et cofondateur de la Coalition Article 64 (C64), Prince Epenge, a confirmé que la marche prévue le mercredi 22 juillet à Kinshasa sera maintenue, malgré l’appel à l’apaisement lancé par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC).
« La question ne se pose pas par rapport à la date du 22 juillet. Elle est bel et bien maintenue », a déclaré l’opposant, indiquant que des activités de mobilisation se sont déroulées samedi dans plusieurs communes de la capitale, notamment à Limete, Selembao et Bumbu. « À ce stade, nous ne pouvons pas reculer », a-t-il insisté.
Tout en saluant les initiatives de médiation menées par le cardinal Fridolin Ambongo et les responsables des Églises catholique et protestante, Prince Epenge a estimé que les appels au report de la manifestation ne peuvent suffire sans gestes politiques concrets de la part du pouvoir.
« Pour l’instant, nous ne pouvons pas nous contenter des mots. Il faut des actes », a-t-il affirmé, exhortant le président Félix Tshisekedi à renoncer à la loi Ngondankoy, qu’il accuse de violer la Constitution, ainsi qu’à tout projet de révision constitutionnelle, qu’il qualifie de « projet suicidaire ».
Faisant référence au discours historique du maréchal Mobutu annonçant l’ouverture au multipartisme en 1990, le porte-parole de la C64 a appelé le chef de l’État à « se rendre à l’évidence » afin de préserver la paix sociale et l’unité nationale.
Prince Epenge a également vivement critiqué le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya, qu’il accuse de chercher à mobiliser les Congolais autour de la personne du président plutôt qu’autour de la défense de la nation.
« Ce n’est pas Félix Tshisekedi qui est agressé. C’est le Congo qui est agressé », a-t-il déclaré, estimant que le pays est confronté à une triple crise : sécuritaire, politique et sociale. Selon lui, « nous nous battons contre la rébellion dans l’Est, mais aussi contre une rébellion à Kinshasa avec ceux qui veulent changer la Constitution ».
Ces déclarations interviennent alors que les efforts de médiation de la CENCO et de l’ECC se poursuivent en vue de favoriser un climat d’apaisement entre le pouvoir et l’opposition, à quelques jours de la manifestation annoncée.
Le Hautpanel
