Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a participé à la cérémonie d’ouverture du « Forum africain de l’eau », en présence de quatre autres Chefs d’État, de représentants de vingt-cinq pays du continent, ainsi que de partenaires au développement et de délégués du secteur privé, mercredi à 15 juillet 2026 à N’Djamena, au Tchad.
Dans son discours, le Chef de l’État a proposé cinq orientations pour relever les défis de la gestion des ressources hydriques. La première consiste à intégrer les politiques publiques. « Nous devons cesser de concevoir séparément l’eau, l’agriculture, l’énergie, la santé, l’urbanisme, l’environnement et les infrastructures. Nos politiques doivent être pensées à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques », a-t-il déclaré.
La deuxième orientation porte sur le renforcement de la gouvernance à travers des institutions performantes, une meilleure redevabilité et une gestion transparente des infrastructures hydriques. La troisième met l’accent sur la préparation de projets techniquement mûrs et financièrement structurés afin d’attirer davantage d’investissements.
La quatrième orientation concerne le financement des infrastructures hydriques. Le Président Tshisekedi a plaidé pour une mobilisation massive des ressources publiques, privées et des partenaires internationaux. Enfin, le Chef de l’État a proposé de faire de l’eau un levier d’industrialisation. « Nous devons développer sur notre continent la production de tuyaux, de pompes, de compteurs, d’équipements de traitement, de systèmes d’irrigation et de solutions numériques », a-t-il dit.
Estimant qu’« aucun État ne peut garantir seul sa sécurité hydrique », le Chef de l’État a plaidé pour une mobilisation continentale afin de « bâtir une gouvernance coopérative de l’eau ». Il a ainsi lancé un appel à « une coalition entre les États, pour élever l’eau au rang de priorité politique de premier ordre ».
Il a également appelé à « une coalition avec les institutions financières, pour réduire le coût du financement et accélérer les investissements ; avec le secteur privé, pour mobiliser les technologies, l’innovation et les capacités d’exécution ; et avec les collectivités, les communautés, les jeunes et les femmes, afin que les solutions répondent aux réalités locales et soient durablement appropriées ».
Évoquant le cas de la RDC, dotée d’un immense potentiel hydrique, le Président Tshisekedi a présenté les ambitions du pays. « À l’horizon 2035, nous voulons porter le taux d’accès à l’eau potable à 60 %, celui de l’accès aux services d’assainissement et d’hygiène à 50 %, et garantir un accès adéquat aux infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans 80 % de nos écoles et de nos établissements de santé », a-t-il fait savoir.
Pour sa part, le Président du Tchad, Mahamat Idriss Déby, qui a officiellement ouvert le Forum, a proposé que les travaux s’articulent autour de trois engagements majeurs : le financement, la gouvernance et l’inclusion. « Faisons de ce forum de N’Djamena le momentum d’une Afrique qui reprend en main la maîtrise de son destin hydrique, qui réalise son potentiel en transformant ses contraintes en opportunités, et qui bâtit, pierre après pierre, un avenir de résilience et de prospérité partagée », a-t-il souligné.
En marge de ces assises, le Chef de l’État tchadien a annoncé, dans le cadre de l’intégration africaine et de la libre circulation des biens et des personnes, que le Tchad ouvrira ses frontières et supprimera les visas d’entrée pour tous les Africains à compter du 1er janvier 2027.
Le Hautpanel
