Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, deux figures majeures de l’opposition congolaise dans le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), ont été transférés jeudi 6 août 2026 à l’auditorat général militaire, marquant une nouvelle étape dans une affaire judiciaire qui suscite de nombreuses réactions en République démocratique du Congo.
Les deux anciens responsables politiques étaient détenus depuis janvier 2026 dans les locaux des services de sécurité, après leur arrestation à leurs domiciles respectifs à Kinshasa. Jusqu’à leur transfert, ils n’avaient pas encore été présentés devant une juridiction.
Leur déferrement auprès de l’auditorat militaire ouvre désormais une phase judiciaire au cours de laquelle les autorités devront préciser les faits qui leur sont reprochés et déterminer les suites de la procédure.
Depuis leur arrestation, les avocats des deux cadres du PPRD dénoncent une détention prolongée sans contrôle judiciaire. Des organisations de défense des droits humains ont également exprimé leurs préoccupations concernant le respect des droits de la défense et des garanties prévues par la loi congolaise.
Dans une réaction publiée sur le réseau social X, l’opposant Claudel André Lubaya, actuellement en exil, a dénoncé ce qu’il considère comme une atteinte aux principes de l’État de droit. Il affirme notamment qu’Aubin Minaku serait détenu depuis le 18 janvier 2026 sans qu’une décision judiciaire publique n’ait été rendue.
Il a également cité les cas d’Emmanuel Ramazani Shadary, Parole Kamizelo, Nathanaël Onokomba et Ludovic Kalengayi, estimant qu’ils seraient confrontés à des situations similaires.
Les autorités congolaises n’ont, pour l’heure, pas communiqué officiellement les chefs d’accusation retenus contre Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, ni le calendrier des prochaines étapes de la procédure.
Le transfert des deux responsables du PPRD devant l’auditorat général militaire constitue néanmoins un tournant dans un dossier qui reste au centre des débats politiques et judiciaires en RDC.
Le Hautpanel
