L’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo (RDC) continue de progresser à un rythme préoccupant. Selon les données communiquées par les autorités congolaises et relayées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le bilan arrêté au 10 août fait état de 4 449 cas confirmés et 2 061 décès, soit un taux de létalité de 46,3 %.
Ainsi, 716 patients sont actuellement isolés ou hospitalisés, tandis que 886 personnes ont été déclarées guéries. Le dispositif de surveillance des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés affiche un taux de suivi de 82,7 %.
La transmission du virus reste active dans plusieurs provinces, notamment l’Ituri, qui constitue l’épicentre de l’épidémie, ainsi que dans le Nord-Kivu, le Haut-Uele et la Tshopo.
En revanche, la situation évolue favorablement au Sud-Kivu, où aucun nouveau cas confirmé n’a été enregistré depuis 75 jours.
L’OMS indique que la circulation du virus dans l’est de la RDC aurait débuté en février. Une étude publiée récemment dans la revue Science avance toutefois l’hypothèse d’une circulation dès janvier.
Un foyer d’une ampleur exceptionnelle
Avec 4 449 cas confirmés, cette épidémie constitue désormais le deuxième plus important foyer d’Ebola de l’histoire en nombre de cas, derrière l’épidémie qui a frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Elle dépasse également le précédent grand foyer d’Ebola en RDC, qui avait sévi entre 2018 et 2020 dans l’est du pays et avait causé 2 299 décès pour 3 481 cas.
L’OMS considère par ailleurs cette dix-septième épidémie enregistrée en RDC comme celle dont le nombre de cas a augmenté le plus rapidement.
L’épidémie s’est également propagée à l’Ouganda voisin. Le pays s’est officiellement déclaré exempt d’Ebola le 28 juillet, après avoir enregistré 20 cas confirmés, dont 15 considérés comme importés de RDC. Deux décès y ont été enregistrés.
Le foyer actuel est attribué à la souche Bundibugyo du virus Ebola, dont la létalité peut atteindre 30 à 50 %. À ce jour, il n’existe pas de vaccin autorisé ni de traitement spécifique contre cette souche, selon les informations de l’OMS.
Le virus Ebola se transmet principalement par contact direct avec le sang ou d’autres fluides corporels d’une personne ou d’un animal infecté. La maladie peut provoquer une forte fièvre, des vomissements, des diarrhées et, dans les formes graves, des hémorragies.
Face à l’augmentation rapide des cas, les autorités sanitaires congolaises et leurs partenaires internationaux poursuivent les opérations de surveillance, d’isolement et de prise en charge des malades afin de contenir la propagation du virus.
Le Hautpanel
