La propagation de l’épidémie de la maladie à virus d’Ebola gagne une nouvelle province en République démocratique du Congo (RDC).
Le Nord-Ubangi a officiellement enregistré ses deux premiers cas confirmés, portant à huit le nombre de provinces affectées. Le bilan national fait état de 9 415 cas confirmés et de 4 536 décès, selon le rapport de situation n°155 de la Task Force présidentielle, publié le 17 octobre 2026.
La situation épidémiologique demeure préoccupante en République démocratique du Congo. Alors que les autorités sanitaires poursuivent leurs efforts pour contenir la propagation de l’épidémie, le Nord-Ubangi vient officiellement s’ajouter à la liste des provinces touchées. Cette nouvelle extension géographique témoigne des défis persistants auxquels fait face le dispositif national de riposte.
Selon le rapport de situation n°155 de la Task Force présidentielle, 67 nouveaux cas confirmés ont été notifiés en l’espace de 24 heures, au 16 octobre. L’Ituri concentre le plus grand nombre de nouvelles infections avec 44 cas, suivi du Nord-Kivu avec 14 cas, du Haut-Uélé avec 7 cas et du Nord-Ubangi avec 2 cas.
Dans cette dernière province, les deux premiers cas ont été détectés dans la zone de santé de Wapinda, située à proximité de la frontière avec le Bas-Uélé. Il s’agit de deux hommes âgés d’une vingtaine d’années, dont l’un a succombé à la maladie.
4 536 décès depuis le début de l’épidémie
Sur le plan national, le cumul des contaminations atteint désormais 9 415 cas confirmés depuis la déclaration de l’épidémie d’Ebola en mai. Le bilan humain s’élève à 4 536 décès, soit un taux de létalité de 48,2 %. En parallèle, 2 522 patients ont été déclarés guéris.
Au cours de la période considérée, 26 nouveaux décès confirmés ont été enregistrés, dont 18 survenus dans la communauté. Ces décès communautaires constituent un signal préoccupant, notamment en raison des risques de transmission liés à une prise en charge tardive des personnes infectées.
L’Ituri demeure le principal foyer de l’épidémie
Malgré l’élargissement de la zone géographique de propagation, l’Ituri reste l’épicentre de l’épidémie d’Ebola. Cette province représente à elle seule 73,2 % de l’ensemble des cas cumulés enregistrés dans le pays, confirmant l’ampleur de la pression sanitaire qui pèse sur cette partie de l’est de la RDC.
Autre sujet d’inquiétude : le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés reste largement en dessous des standards attendus. Le taux national de suivi des contacts s’établit à 79,1 %, alors que les autorités sanitaires visent un seuil de 95 % pour renforcer efficacement la surveillance épidémiologique et interrompre les chaînes de transmission.
La situation est encore plus préoccupante à Bunia, où cet indicateur chute à seulement 24,9 %, révélant d’importantes insuffisances dans le dispositif de traçage des contacts.
Une riposte confrontée à de nouveaux défis
L’apparition de cas dans le Nord-Ubangi impose désormais une vigilance accrue dans les zones frontalières et les territoires voisins. La détection rapide des nouveaux cas, l’identification systématique des contacts, le renforcement de la surveillance communautaire et l’accès rapide aux soins demeurent des leviers essentiels pour limiter la propagation de l’épidémie de la maladie à virus Ebola.
Avec huit provinces désormais affectées, plus de 9 400 cas confirmés et une létalité de 48,2 %, la situation appelle à un renforcement urgent et coordonné des mesures de riposte contre Ebola sur l’ensemble du territoire national.
Le Hautpanel
