Le gouvernement français envisage de renforcer les mesures sécuritaires après plusieurs jours de manifestations marquées par des violences, des pillages et des affrontements dans plusieurs villes du pays. Alors que la contestation contre la vie chère prend de l’ampleur, de nouveaux couvre-feux pourraient être instaurés et des militaires seront mobilisés pour soutenir les forces de l’ordre.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé que des restrictions supplémentaires pourraient être prises dans les zones où la situation sécuritaire l’exige. Selon lui, les premiers couvre-feux instaurés dans certaines localités ont contribué à ramener le calme.
À Paris et à Lyon, des restrictions nocturnes sont déjà appliquées. À Marseille, les autorités ont également décidé d’instaurer un couvre-feu pour les mineurs dans certains quartiers sensibles, de 22 heures à 5 heures du matin, au moins jusqu’à vendredi.
Sur le plan judiciaire, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé 149 personnes incarcérées à la mi-journée de mardi, alors que 2 513 personnes avaient déjà été interpellées. Une cinquantaine d’enquêtes judiciaires ont également été ouvertes.
Les autorités parisiennes ont, par ailleurs, renforcé les mesures préventives. Le transport de contenants d’essence ou de gaz ainsi que la détention de feux d’artifice sont temporairement interdits dans la région parisienne. Le port de casques et d’autres équipements de protection est également prohibé à proximité de certains établissements scolaires et universitaires.
Malgré cette situation, Gérald Darmanin estime qu’un état d’urgence n’est pas nécessaire à ce stade, privilégiant des mesures ciblées pour rétablir l’ordre sans restreindre les libertés de l’ensemble de la population.
L’armée mobilisée avant une nouvelle manifestation
La situation pourrait davantage se compliquer samedi 24 octobre. Un groupe de coordination des Gilets jaunes a lancé un nouvel appel à la mobilisation.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a confirmé le déploiement de militaires de la force Sentinelle pour renforcer le dispositif sécuritaire. Cette présence vise notamment à soulager les policiers et les gendarmes de certaines missions afin qu’ils puissent se concentrer sur le maintien de l’ordre.
Sébastien Lecornu a également annoncé un important déploiement policier pour encadrer les manifestations prévues samedi, avec pour objectif de rétablir rapidement la tranquillité publique.
La pression politique et économique s’accentue
Au-delà des violences, les revendications des manifestants portent notamment sur le coût de la vie, les salaires, l’éducation et les prestations sociales.
À l’Assemblée nationale, les responsables des groupes parlementaires ont convenu d’engager une procédure visant à transformer la commission des Lois en commission d’enquête sur les violences, les pillages et les interventions des forces de l’ordre.
La présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, a appelé le gouvernement à prendre en considération les revendications sociales, rappelant que des centaines de milliers de personnes avaient également manifesté pacifiquement.
Sur le plan économique, le président du Medef, Patrick Martin, a dénoncé les difficultés de l’État à garantir la sécurité des activités commerciales. Selon les premières estimations du gouvernement, au moins 3 000 entreprises auraient été affectées par les violences.
Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé la préparation de mesures de soutien destinées aux commerçants et aux artisans touchés par les dégradations.
Dans ce climat de tensions, Sébastien Lecornu doit rencontrer les organisations syndicales mercredi, puis les représentants des partis politiques jeudi. L’exécutif est ainsi confronté à un défi majeur : rétablir l’ordre public tout en répondant aux revendications sociales qui alimentent la colère dans le pays.
Le Hautpanel
