La Belgique hausse le ton face à la création du Front pour la refondation de la nation (FRN), mouvement politico-militaire lancé le 12 octobre dernier à Goma.
Par la voix de son vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, Bruxelles a condamné sans équivoque la décision de l’ancien président congolais Joseph Kabila de prendre la tête d’une nouvelle rébellion armée.
Le chef de la diplomatie belge juge ce choix particulièrement préoccupant, rappelant que Joseph Kabila, en tant qu’ancien chef de l’État, a lui-même été confronté aux conséquences dévastatrices des rébellions armées.
Pour Maxime Prévot, le fait de privilégier la conquête du pouvoir par les armes plutôt que par les voies démocratiques est « déplorable, incompréhensible et inacceptable ».
Le responsable belge estime qu’aucune ambition politique ne saurait justifier le recours à la violence contre les institutions de son propre pays. Il considère cette démarche comme profondément illégitime, susceptible d’aggraver l’instabilité et d’éloigner davantage la République démocratique du Congo de la paix et de la démocratie.
Il prévient également que les auteurs de cette option devront en assumer pleinement les conséquences.
Au-delà de cette condamnation, Bruxelles appelle les protagonistes de la crise congolaise à privilégier le dialogue et les mécanismes diplomatiques. Maxime Prévot insiste notamment sur la nécessité de préserver les acquis des processus de Doha et de Washington, de respecter le cessez-le-feu, d’honorer les engagements souscrits et de garantir la protection des populations civiles.
« Ces violences insensées doivent stopper », a-t-il martelé, mettant en garde contre toute nouvelle escalade militaire dont les civils demeurent les premières victimes.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par les déclarations du FRN, qui affirme vouloir mettre fin à ce qu’il qualifie de tyrannie et n’exclut pas le recours à la force pour atteindre ses objectifs. Au lendemain de son lancement, le mouvement avait également annoncé qu’il succédait de plein droit à l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), reprenant l’intégralité de ses droits, obligations et engagements, notamment ceux contractés dans le cadre des négociations de Doha.
Cette revendication de continuité des engagements place désormais le FRN face à une exigence de cohérence : alors qu’il entend s’inscrire dans le processus diplomatique existant, la communauté internationale attend des actes concrets en faveur de la cessation des hostilités et du respect des engagements de paix.
La déclaration belge constitue ainsi un désaveu politique majeur du choix de Joseph Kabila de s’engager dans une dynamique politico-militaire, tout en réaffirmant que l’avenir de la RDC ne peut se construire durablement en dehors du dialogue, du respect des institutions et des voies pacifiques.
Le Hautpanel
