Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution en République démocratique du Congo prend une nouvelle dimension.
Devant les députés nationaux et sénateurs de l’Union sacrée, réunis ce samedi 24 octobre 2026, le président Félix-Antoine Tshisekedi a exprimé ouvertement ses réserves à l’égard de la Loi fondamentale actuelle, tout en rejetant, selon ses déclarations rapportées par une source présente, toute volonté de s’accrocher au pouvoir.
« Cette Constitution, je ne l’aime pas, et vous le savez », aurait déclaré le chef de l’État devant ses alliés politiques.
Avant d’ajouter : « Vouloir la changer ou la toucher, c’est votre responsabilité. Si, en 2028, vous refusez, je m’arrête là. »Par cette déclaration, Félix Tshisekedi semble vouloir dissocier le débat constitutionnel de son avenir politique personnel.
Il affirme que sa préoccupation première demeure l’accomplissement de ce qu’il considère comme sa mission à la tête du pays : remettre la République démocratique du Congo sur les rails, instaurer une paix véritable et durable et rétablir le fonctionnement normal des institutions.
Face aux soupçons d’une partie de l’opinion, qui voit dans les discussions sur la Constitution une possible stratégie de maintien au pouvoir, le président aurait insisté sur le fait que cette démarche ne viserait pas à lui ouvrir la voie à un mandat supplémentaire.
Il invite ainsi les membres de sa majorité à ne pas réduire la réflexion sur l’organisation de l’État à la question de son propre avenir présidentiel.
Cette prise de position intervient dans un contexte politique particulièrement sensible, marqué par les controverses autour de la loi référendaire et les interrogations sur les intentions réelles de la majorité présidentielle.
Reste toutefois une question fondamentale : comment engager une réflexion sur la Constitution sans alimenter les craintes d’une remise en cause des équilibres institutionnels et de l’alternance démocratique ?
Au-delà des assurances présidentielles, la crédibilité de cette démarche dépendra de sa transparence, de son cadre légal et du respect des dispositions constitutionnelles, notamment celles qui protègent le nombre et la durée des mandats présidentiels.
Le Hautpanel
