Le président de la République démocratique du Congo, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, s’est entretenu ce vendredi 30 octobre 2026 avec son homologue russe, Vladimir Poutine, au Kremlin, en marge du Sommet Russie–Afrique. Au cœur de cette rencontre : le renforcement du partenariat bilatéral, la diversification économique et surtout la recherche d’un soutien diplomatique de Moscou face à la crise sécuritaire persistante dans l’est de la RDC.
Au cours de cet échange, le chef de l’État congolais a plaidé pour une implication accrue de la Russie dans les efforts visant à restaurer la paix et la souveraineté territoriale de la RDC. S’appuyant notamment sur la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies, Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité du retrait des forces rwandaises du territoire congolais, de la cessation des hostilités et du rétablissement de l’autorité de l’État dans les zones affectées par le conflit.

Déplorant l’absence de résultats concrets des processus diplomatiques de Washington et de Doha, le président congolais a appelé Moscou à user de son influence au sein du Conseil de sécurité de l’ONU pour contribuer à faire avancer la mise en œuvre des engagements internationaux en faveur de la paix dans l’est du pays.
Autre dossier majeur soulevé lors de cette rencontre : l’avenir de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO). Félix Tshisekedi a sollicité le soutien de la Russie à une initiative visant à prolonger son mandat, dont l’échéance est annoncée au 20 décembre prochain, estimant que la poursuite de cette mission devrait faire l’objet d’une décision dans le cadre des Nations unies.

Sur le plan économique, les deux dirigeants ont également évoqué les perspectives de diversification du partenariat russo-congolais. Félix Tshisekedi a notamment manifesté l’intérêt de Kinshasa pour les investissements russes dans les secteurs de l’énergie, de la transformation locale des ressources naturelles, de l’agriculture et de la numérisation, particulièrement dans la modernisation des mécanismes de collecte des recettes fiscales.
Le président congolais a, à cet effet, proposé l’élaboration d’une feuille de route bilatérale articulée autour de trois axes : la coopération économique, l’appui russe aux efforts de paix en RDC et la coordination diplomatique entre les deux pays.
De son côté, Vladimir Poutine a salué la qualité des relations entre Moscou et Kinshasa, rappelant les 65 ans de relations diplomatiques célébrés en 2025. Il a qualifié la RDC de partenaire prometteur et fiable de la Russie en Afrique, tout en soulignant la progression des échanges commerciaux et l’importance de la commission intergouvernementale chargée de la coopération commerciale, économique, scientifique et technique.
Le dirigeant russe a également évoqué le volet éducatif, précisant que la Russie accorde actuellement 100 places de bourses d’études aux ressortissants congolais. Il a par ailleurs rendu hommage à Patrice-Émery Lumumba, premier Premier ministre de la RDC, dont le nom demeure, selon lui, profondément associé à la lutte pour la liberté et l’indépendance des peuples africains.
Cette rencontre marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Kinshasa et Moscou. Reste désormais à savoir dans quelle mesure ce partenariat diplomatique pourra se traduire par un engagement concret de la Russie en faveur de la paix dans l’est de la République démocratique du Congo.
Le Hautpanel
