Le Kremlin annonce que le diesel russe a commencé à atteindre les marchés internationaux à la suite de l’accord conclu entre Vladimir Poutine et Donald Trump. Une reprise des livraisons qui pourrait contribuer à stabiliser les marchés pétroliers, sans toutefois suffire à elle seule à rééquilibrer les marchés mondiaux de l’énergie.
La Russie a officiellement repris ses exportations de diesel vers les marchés internationaux après l’accord conclu avec le président américain Donald Trump. L’annonce a été faite jeudi 15 octobre 2026 par Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, lors de son traditionnel échange téléphonique avec la presse.
« Le diesel a commencé à atteindre les marchés mondiaux et devrait avoir un effet positif sur la stabilisation des marchés pétroliers, même si cela ne suffira pas à les stabiliser pleinement », a déclaré Dmitri Peskov.
Cette reprise intervient après l’annonce de Donald Trump, le 9 octobre dernier, selon laquelle Moscou s’était engagé à fournir d’importantes quantités de diesel aux marchés américain et international afin de contribuer à faire baisser les prix des carburants.
Les premiers mouvements de livraison sont déjà signalés. Selon les données de LSEG, les chargements de diesel russe ont repris au port baltique de Primorsk. Un pétrolier transportant environ 40 000 tonnes de diesel à très faible teneur en soufre a été chargé le 13 octobre et faisait route vers le Maroc.
Dans le cadre de cet accord, Donald Trump avait annoncé une première livraison de plus de 300 000 tonnes de diesel, suivie de 500 000 tonnes supplémentaires en novembre, puis d’un million de tonnes dans une phase ultérieure.
Toutefois, ces volumes restent relativement modestes au regard de la consommation américaine. Selon l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), le secteur des transports aux États-Unis consomme environ 2,94 millions de barils de diesel par jour.
L’accord suscite également de vives critiques sur la scène internationale. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, plusieurs responsables européens ainsi que des élus républicains américains ont exprimé leur opposition à cette initiative, estimant qu’elle pourrait bénéficier économiquement à Moscou dans un contexte de guerre en Ukraine et de sanctions occidentales.
De son côté, la Russie a rejeté les critiques européennes, les qualifiant de « cyniques », en rappelant que certains pays européens continuent d’importer des hydrocarbures russes, notamment du pétrole et du gaz naturel liquéfié.
Cette reprise des exportations illustre ainsi un rapprochement pragmatique entre Washington et Moscou autour des enjeux énergétiques, malgré les profondes tensions politiques et géopolitiques qui continuent de les opposer.
Le Hautpanel
