Le président de la République, Félix Tshisekedi, a lancé une violente charge verbale contre son prédécesseur, Joseph Kabila, qu’il accuse de s’être engagé aux côtés des forces hostiles à la République démocratique du Congo.
Dans des propos particulièrement virulents tenus lors d’une rencontre avec les députés et sénateurs de l’Union sacrée, samedi 24 octobre 2026, à Kinshasa, le chef de l’État n’a pas hésité à qualifier l’ancien président de « peureux ».
« Pour le peu que j’ai eu à le pratiquer, je peux vous assurer que Joseph Kabila est un peureux. Et là, il doit se demander s’il a fait un bon choix », aurait déclaré Félix Tshisekedi, selon une source présente à cette rencontre.
Sans le nommer directement dans chacune de ses interventions, le président congolais a clairement visé son prédécesseur, qui a pris, le 12 octobre dernier à Goma, la tête du Front pour la refondation de la nation (FRN), une structure issue de l’environnement politico-militaire de l’AFC/M23.
Félix Tshisekedi reproche notamment à Joseph Kabila d’avoir, après avoir dirigé la RDC pendant dix-huit ans, choisi de se retrouver dans le camp de ceux que Kinshasa considère comme responsables de l’agression contre le pays.
Pour le chef de l’État, retourner les armes contre une nation que l’on a longtemps gouvernée constitue une preuve manifeste de désamour envers celle-ci.
Le président congolais estime également que son prédécesseur aurait été contraint de sortir de sa réserve sous la pression des événements, afin de donner une apparence congolaise à une agression qu’il attribue au Rwanda.
Une lecture politique qui traduit l’escalade des tensions entre les deux anciens partenaires politiques, désormais ouvertement opposés.
Dans la même intervention, Félix Tshisekedi s’en est également pris au président rwandais, Paul Kagame.
Il lui reproche d’avoir consacré trois décennies à construire, sur la scène internationale, une image négative de la RDC, tout en fragilisant ses institutions et sa crédibilité auprès des partenaires étrangers.
Le chef de l’État affirme toutefois avoir inversé cette dynamique diplomatique et politique, assurant que le pillage des ressources naturelles congolaises est devenu plus difficile sous la pression exercée contre Kigali.
Ces déclarations marquent un nouveau palier dans la confrontation politique entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila.
Au-delà des attaques personnelles, elles mettent en évidence la profondeur de la rupture entre les deux hommes et la dimension désormais politique et sécuritaire de leur affrontement, dans un contexte où la guerre dans l’Est de la RDC continue de peser lourdement sur l’avenir du pays.
Le Hautpanel
