L’Assemblée nationale a déclaré recevable, vendredi 30 octobre, le projet de loi de finances pour l’exercice 2027, chiffré à 56 930 milliards de francs congolais, soit une progression de près de 12 % par rapport au budget rectificatif 2026.
Une enveloppe de 14 091 milliards de francs congolais, équivalant à environ 6,1 milliards de dollars américains est destinée à financer les secteurs de la défense nationale, de la sécurité intérieure, de la stabilisation des communautés, de la justice ainsi que de la diplomatie. La restauration d’une paix durable, dans un contexte marqué par les défis sécuritaires auxquels le pays demeure confronté reste la priorité.
À l’issue de ce vote, intervenu après deux journées de débats et les réponses de la Première ministre Judith Suminwa Tuluka aux préoccupations des députés nationaux, le texte a été transmis à la Commission économique, financière et de contrôle budgétaire (ECOFIN) pour un examen approfondi de 20 jours.
Présidée par Aimé Boji Sangara, la séance plénière a été consacrée à l’évaluation des grandes orientations budgétaires du Gouvernement, notamment la crédibilité des prévisions financières, la mobilisation des recettes publiques, la rationalisation des dépenses de l’État ainsi que leur impact sur les conditions de vie de la population.
Pendant deux jours, les élus nationaux ont passé au crible les projections du Gouvernement, mettant particulièrement l’accent sur la nécessité de garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques et de veiller à ce que les allocations budgétaires répondent effectivement aux besoins de la population.
Face aux préoccupations soulevées, la Première ministre Judith Suminwa a défendu les choix de l’Exécutif, tout en reconnaissant l’ampleur des attentes sociales et les défis auxquels le pays reste confronté. Elle a notamment insisté sur la nécessité de préserver le pouvoir d’achat, de financer les priorités nationales et de traduire les prévisions budgétaires en réalisations concrètes.
Pour la Cheffe du Gouvernement, le budget ne doit pas être considéré comme un simple document comptable, mais comme un véritable engagement envers les Congolais. Sa crédibilité repose, selon elle, sur trois exigences essentielles : la solidité financière, la réponse aux besoins sociaux et une répartition équitable des investissements publics sur l’ensemble du territoire national.
Les secteurs de l’éducation, de la santé, des infrastructures et de l’emploi figurent ainsi parmi les domaines appelés à bénéficier de cette orientation budgétaire.
Autre annonce majeure de cette séance plénière : le retrait officiel de la République démocratique du Congo de la liste grise du Groupe d’action financière (GAFI). Judith Suminwa a présenté cette évolution comme une reconnaissance des réformes engagées par le pays pour renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme, mais également comme un signal positif pour la crédibilité du système financier congolais auprès des partenaires internationaux.
À l’issue du vote de recevabilité, Aimé Boji Sangara a appelé les membres de la commission ECOFIN à faire preuve de rigueur, de responsabilité et de transparence dans l’examen du texte. Il leur a notamment demandé de respecter le délai de 20 jours et de tenir compte des recommandations formulées lors des débats en plénière afin d’améliorer la qualité du projet de budget.
Le président de la Chambre basse a également salué le retrait de la RDC de la liste grise du GAFI, tout en soulignant l’importance de consolider cet acquis pour préserver la confiance des partenaires internationaux et renforcer la crédibilité financière du pays.
Le projet de loi de finances 2027 entre ainsi dans une nouvelle phase de son parcours parlementaire. L’enjeu pour la commission ECOFIN sera désormais de passer au crible les prévisions du Gouvernement et de veiller à ce que les ambitions affichées se traduisent par des allocations réalistes, transparentes et porteuses de résultats pour la population congolaise.
Le Hautpanel
