Une évasion spectaculaire s’est produite mardi 26 mai 2026 dans l’après-midi à Beni, dans la province du Nord-Kivu, dans l’Est de la République Démocratique du Congo. Alors qu’un convoi judiciaire assurait le transfert de douze détenus depuis le parquet secondaire vers la prison centrale de Prison centrale de Kangbayi, dix d’entre eux ont réussi à s’échapper en pleine circulation, sans qu’aucun coup de feu ne soit entendu.
Selon les premières informations recueillies, l’incident s’est déroulé dans des conditions particulièrement troublantes. Le véhicule de transfert circulait en ville en début d’après-midi lorsqu’une partie des détenus a profité de circonstances encore non élucidées pour prendre la fuite. La scène, rapide et inattendue, a semé la confusion parmi les témoins, avant que les fugitifs ne disparaissent dans la nature.
Face à la gravité des faits, les autorités judiciaires ont immédiatement réagi. Le secrétaire du parquet, Polycarpe Matemwero, qui assurait l’escorte des détenus, a été arrêté pour les besoins de l’enquête. Les investigations devront déterminer les conditions exactes du transfert et d’éventuelles failles dans le dispositif de sécurité.
De son côté, la direction de la prison de Kangbayi a précisé que les détenus concernés n’avaient pas encore été officiellement pris en charge par l’établissement au moment de l’évasion, tentant ainsi de clarifier sa responsabilité dans cet incident.
Cet épisode relance les inquiétudes persistantes autour de la sécurité des transfèrements judiciaires dans cette région marquée par une forte instabilité. Il met également en lumière les difficultés structurelles du système pénitentiaire local, notamment la surpopulation extrême de la prison de Kangbayi, conçue pour environ 200 détenus mais qui en accueille aujourd’hui plus de 1 300.
Au-delà du surpeuplement, plusieurs organisations de défense des droits humains alertent depuis longtemps sur les conditions de détention jugées très précaires, notamment les difficultés d’approvisionnement alimentaire et le manque de moyens logistiques, aggravant davantage la situation sécuritaire et humanitaire dans l’établissement.
Les autorités promettent de faire toute la lumière sur cette évasion qualifiée de « grave dysfonctionnement », tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver les fugitifs.
Le Hautpanel
