Denis Mukwege, Chirurgien Gynécologue, fondateur et médecin directeur de Hôpital Panzi, laureat du Prix Sakharov 2014 et Prix Nobel de la Paix 2018, condamne avec la plus vive indignation les attaques simultanées perpétrées par les terroristes des ADF dans la nuit du samedi 31 mai 2026 à Ngadi et Vemba, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu ayant fait au moins 16 morts, et présente ses condoléances et son soutien indéfectible aux populations prises en otage entre la violence armée, la famine, et la propagation du virus Ebola, selon un communiqué publié mardi 2 juin 2026.
Je condamne avec la plus vive indignation les attaques simultanées perpétrées par les terroristes des ADF dans la nuit du samedi 31 mai 2026 à Ngadi et Vemba, dans le territoire de Beni au Nord-Kivu ayant fait au moins 16 morts, et présente mes condoléances et mon soutien indéfectible aux populations prises en otage entre la violence armée, la famine, et la propagation du virus Ebola. Les massacres ciblant délibérément les membres du peuple autochtone Pygmée, qui sont les gardiens de notre identité et de nos forêts primaires, en cette période où l’Est de notre pays saigne dans un chaos organisé, sont non seulement des crimes contre notre mémoire et contre notre diversité fondatrice mais des crimes contre l’humanité.
Je dénonce avec force ce qui s’apparente, depuis plusieurs années déjà, à un projet méthodique d’épuration identitaire et d’intolérance religieuse exécuté par les terroristes ADF, ciblant principalement les ethnies originaires de Beni, de ses environs et de l’Ituri, ainsi que les communautés chrétiennes. Ces techniques d’extermination s’inscrivent dans les logiques d’anéantissement généralisées et systématiques depuis la première et la deuxième guerre du Congo à partir de 1996 jusqu’à nos jours : semer la terreur, humilier les communautés et les chasser loin de leurs terres riches en ressources stratégiques au profit de réseaux prédateurs. Il est plus que temps pour la communauté internationale de rompre avec la solidarité à géométrie variable et le deux poids deux mesures lorsqu’il s’agit des crimes imprescriptibles commis en République Démocratique du Congo, qui ne peuvent demeurer impunis.
En outre, nous exhortons les autorités congolaises à sortir d’une compassion hypocrite qui confine à la complicité, et à sortir de la léthargie qui les déconnectent de manière déconcertante des réalités vécues par nos compatriotes à 2 000 kilomètres de Kinshasa.
Le Hautpanel
