Le président russe Vladimir Putin a défendu vendredi 05 juin 2026, une vision d’un nouvel ordre économique mondial, lors de la session plénière du 29ᵉ Forum économique international de Saint-Pétersbourg (SPIEF), réunissant plusieurs dirigeants internationaux et des milliers de participants venus de plus de 130 pays.
Le forum, organisé depuis 1997, s’est tenu cette année sous le thème « Dialogue pragmatique : la voie vers un avenir stable », dans un contexte de fortes tensions géopolitiques et de recomposition des alliances économiques.
Un monde en mutation
Au cœur des discussions, l’idée d’un basculement progressif vers un monde « multipolaire » a été largement mise en avant. Selon Vladimir Putin, le système économique international dominé historiquement par l’Occident serait en train de perdre son rôle central au profit de nouveaux pôles de croissance.
Il a souligné l’émergence de puissances économiques en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, estimant que ces régions deviennent des moteurs essentiels de la croissance mondiale.
Le poids croissant des économies émergentes
Les intervenants ont insisté sur la montée en puissance des BRICS et d’autres économies émergentes, qui représenteraient désormais une part significative de la croissance mondiale.
Selon les chiffres évoqués durant le forum, ces pays contribueraient davantage à la croissance globale que les économies du G7 ces dernières années, avec une dynamique soutenue par l’expansion industrielle, démographique et commerciale.
« Dans ce contexte, je tiens à souligner que le monde devient plus équitable lorsque la croissance économique est répartie plus largement et les opportunités devenir accessibles à des milliards de personnes qui restent longtemps en marge de l’économie mondiale. Il est très important que ces nouveaux centres de croissance soient réalisés cherche à façonner ses propres voies de développement, à augmenter leur part de valeur créent, et construisent leurs propres marques, standards et capacités.
Si vous regardez la dynamique mondiale du PIB des cinq dernières années, vous le verrez voir que près de la moitié de sa croissance annuelle, soit 49 %, provient des pays BRICS, tandis que la contribution du soi-disant Groupe des Sept est estimée à 18 %. Pour mettre cela en perspective, entre 2021 et 2025, L’économie mondiale s’est développée à un taux annuel moyen de 4,1 %. De ça croissance, 2 points de pourcentage ont été générés par les pays BRICS, comparé avec seulement 0,8 point de pourcentage apporté par le G7. Aujourd’hui, les BRICS partagent du PIB mondial, mesuré en termes de parité de pouvoir d’achat, s’élève à environ 40 %, tandis que le chiffre correspondant pour le G7 est inférieur à 29 pour cent. Selon cette mesure, les BRICS ont dépassé le G7 dès 2020, et l’écart n’a cessé de s’élargir depuis.
Cette tendance devrait se poursuivre de plus en plus en faveur des BRICS pays. La raison est simple : les taux de croissance économique dans les BRICS les économies sont déjà supérieures à celles du G7 et devraient rester Alors, dans les années à venir. À la fin de la décennie en cours, la croissance économique annuelle dans les pays du G7, on s’attend à une moyenne de 1,5 %, tandis que les économies des BRICS devraient croître à un rythme moyen supérieur à 4 % », a déclaré Poutine.
Critiques du système économique actuel
Vladimir Putin a également critiqué les institutions économiques internationales, estimant qu’elles ont été utilisées comme instruments de pression politique. Il a cité notamment les sanctions économiques et la dépendance au système financier occidental comme facteurs de déséquilibre.
Ces pratiques, selon lui, encourageraient de nombreux pays à développer des alternatives, notamment à travers des accords bilatéraux et régionaux.
Vers de nouveaux circuits financiers
Le débat a également porté sur l’évolution des systèmes de paiement internationaux. Plusieurs intervenants ont évoqué la montée des transactions en monnaies nationales et la recherche de mécanismes financiers alternatifs au dollar et à l’euro.
L’objectif affiché serait de réduire la dépendance aux infrastructures financières occidentales et de renforcer la souveraineté économique des États.
Une recomposition encore incertaine
Si le discours du forum met en avant une dynamique de transformation, les observateurs soulignent que la transition vers un système multipolaire reste complexe et inachevée. Les déséquilibres économiques, les tensions géopolitiques et les divergences d’intérêts continuent de façonner les relations internationales.
Le SPIEF 2026 reflète les profondes mutations de l’économie mondiale et les débats sur son futur équilibre. Entre affirmation d’un nouvel ordre multipolaire et maintien des structures existantes, la gouvernance économique internationale semble entrer dans une phase de transition prolongée.
Le Hautpanel
